UNICEF, recrutement d’un Consultant pour la Revue du cadre institutionnel et réglementaire de la réponse du secteur Educatif à la violence en milieu scolaire – Gabon
Job no: 514793
Work type: Consultancy
Location: Gabon
Categories: HIV/AIDS
1- Historique et Contexte :
La violence en milieu scolaire est devenue une préoccupation mondiale. Elle constitue un problème social majeur pour les acteurs du système éducatif, vu qu’elle peut engendrer des conséquences sur les plans scolaire, psychologique et social au même titre que celle vécue dans tous les milieux de la vie. La violence emprunte plusieurs formes, s’exprime dans différents contextes et amène des conséquences variables sur le bien-être psychologique et physique d’un individu.
Au Gabon, il est difficile d’évaluer exactement l’importance du phénomène bien que quelques études témoignent de son existence. Par ailleurs, les données statistiques officielles recueillies par les Forces de police nationale, le Ministère en charge de la justice, les structures hospitalières et d’autres parties prenantes ne présentent qu’une infime partie de la situation réelle.
En milieu scolaire, la violence recouvre des réalités différentes selon les acteurs impliqués et les milieux. Mais, on s’accorde à dire qu’elle y représente une transgression de l’ordre scolaire et des règles de la vie en société entre des individus qui font partie ou non d’un même établissement. C’est une violence sociale qui déstabilise profondément le secteur Educatif.
Selon une étude sur les violences basées sur le genre (UNFPA, 2015), les violences sexuelles et physiques touchent disproportionnellement les filles (10%) et garçons (4%) chez les 15-19 ans. Une autre étude sur les violences à l’école, réalisée en 2010 par le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales, a révélé que 40,6% des violences interviennent dans le milieu familial ou domestique et 12,9% à l’école.
L’enquête CAP sur les violences sexuelles en milieu scolaire, réalisée en 2016 à Port-Gentil (province de l’Ogooué Maritime) par le Service Provincial du Ministère de la culture et des Arts révèle qu’en terminale, les violences sont initiées à 28% par les enseignants, 25,6% par les filles et 15,2% par les garçons. En classe de troisième, les violences sont initiées à 26% par les filles, 25,4% par les enseignants, 21% par les garçons et 14% par le corps administratif.
2- Justification :
Moule par essence d’apprentissage de formation des ressources humaines, d’adoption de normes et de valeurs, l’école devient de plus en plus sujette aux actes récurrents et croissants de violence aboutissant aux traumatismes, agressions mortelles ou non et aux assassinats. Cependant, la prévalence, la fréquence et l’intensité de la violence dans les établissements scolaires n’ont pas encore fait l’objet d’une étude approfondie et systématique au Gabon. Or, il s’avère désormais indispensable et urgent de procéder à une collecte de données fiables au niveau national afin d’en dresser un profil.
En considération des dimensions et problématiques liées aux adolescents et jeunes en matière de vulnérabilité et d’exposition, le Ministère de l’éducation nationale avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance se propose de procéder à une revue approfondie du phénomène des violences en milieu scolaire afin de renforcer le cadre institutionnel et réglementaire.
3- But et Objectifs :
Sous la supervision du Spécialiste Adolescent et VIH de l’UNICEF les consultants recrutés seront chargés de réviser le cadre institutionnel et réglementaire de réponse aux violences en milieu scolaire et de concevoir un programme pour le renforcer. Ils bénéficieront également de l’encadrement des experts de la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire et Normal et du comité technique qui sera mis en place.
Le programme de renforcement proposé, fera l’objet d’un document de planification. Un Arrêté ou une circulaire pour la lutte contre les violences en milieu scolaire seront pris et diffusés dans tout le système éducatif et auprès des acteurs de la protection de l’enfance. Cette activité devrait donc concourir au renforcement de la réponse à la violence en milieu scolaire.
4- Méthodologie et Approche Technique :
La méthodologie portera sur (i) la revue documentaire, (ii) les entretiens avec les principaux experts et acteurs nationaux, (iii) les focus groups avec les élèves et (iv) la rédaction du rapport sur l’Etat des lieux et l’analyse de la réponse, ainsi que document de stratégie de renforcement et de ses annexes. Chaque étape devra faire l’objet d’une pré-validation par le comité technique, suivi d’une validation des livrables en atelier par un comité d’experts élargi.
Les consultants disposeront de 45 jours, à compter de la date de la signature du contrat, pour produire les deux livrables attendus, répartis comme suit: (i)25 jours ouvrables pour la livraison du rapport sur l’Etat des lieux et la réponse du Gouvernement à la problématique et (ii) 20 jours ouvrables pour le document de stratégie proprement dit.
Le comité se réunira régulièrement au Ministère de l’Education Nationale, c’est là que le consultant le rencontrera pour les réunions de suivi et de pré-validation.
5- Tâches, Résultats Attendus et Délais :
De façon plus spécifique, le consultant recruté devra :
- Faire un état de lieux des violences en milieu scolaire sur toute l’étendue du territoire ;
- Faire une analyse de la réponse du secteur éducatif à cette problématique ;
- Elaborer une stratégie opérationnelle pour le renforcement de la réponse à la violence en milieu scolaire.
En termes de livrables, le consultant devra, dans un premier temps, (i) produire un rapport sur l’état des lieux des violence en milieu scolaire et l’analyse de la réponse du secteur Educatif.
Au terme de sa mission, le consultant devra (ii) proposer, au regard des conclusions de l’état des lieux et de l’analyse de la réponse, un projet de stratégies de renforcement du dispositif institutionnel et réglementaire pour la prévention de la violence et de prise en charge des victimes.
Ces deux rapports seront soumis à l’examen du comité technique et à une validation avec la participation des différents acteurs intervenants dans ce domaine.
Activités/tâches | Résultats attendus/deliverables | Délais/Time-frame |
| Collecte des information et réalisation d’un état des lieux de la violence en milieu scolaire et d’une analyse de la réponse du secteur Educatif | Le draft du rapport sur l’Etat des lieux de la violence en milieu scolaire et l’analyse de la réponse du secteur Educatif est disponible | 05 novembre 2018 |
| Présentation en atelier et finalisation du rapport sur la situation de la violence en milieu scolaire et l’analyse de la réponse du secteur Educatif | Le rapport sur la situation de la violence en milieu scolaire et l’analyse de la réponse du secteur Educatif est validé et finalisé | 10 novembre 2018 |
| Proposer une stratégie de renforcement de la réponse à la violence en milieu scolaire | Le draft du document stratégique sur le renforcement de la réponse à la violence en milieu scolaire est disponible | 25 novembre 2018 |
| Présentation en atelier et finalisation du document stratégique de renforcement de la réponse à la violence en milieu scolaire | Le document stratégique de renforcement de la réponse à la violence en milieu scolaire est validé et finalisé | 30 novembre 2018 |
6- Lignes de supervision:
Le consultant recruté sera sous la supervision du Spécialiste Adolescent et VIH de l’UNICEF. Il bénéficiera également de l’encadrement des experts de la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire et Normal et du comité technique qui sera mis en place.
7- Qualifications et Connaissances :
Les candidats retenus devront :
Consultant No1 :
- Etre détenteur d’un diplôme de troisième cycle en droit, science humaines et/ou sociales ou tout autre domaine semblable ;
- Avoir une bonne connaissance du contexte gabonais et notamment du système éducatif.
Il devra aussi posséder les compétences suivantes :
- Aptitude à créer des réseaux d’information et d’anticiper sur les obstacles potentiels à la réalisation de son travail ;
- Bonnes capacités rédactionnelles en langue française ;
- Bonnes capacités en communication, tant pendant les présentations formelles et publiques que dans la circulation de l’information avec toute l’équipe technique et lors des entretiens ;
- Il aura la responsabilité de maintenir l’éthique appliquée à la recherché jusqu’à la remise du produit final.
Le candidat retenu devra se prévaloir d’une expérience professionnelle d’au moins 10 dans le domaine du suivi évaluation ou des politiques sociales. Il devra également avoir une expérience d’au moins 5 ans dans la recherche sur les phénomènes socio-éducatifs affectant les adolescents et les jeunes.
Il devra avoir une expérience de terrain dans la prévention et/ou le renforcement des capacités des acteurs de la lutte contre les fléaux qui affectent les adolescents et les Jeunes. Avoir une expérience avec le système des Nations Unies sera un atout.
Candidat No2 :
- Etre détenteur d’un diplôme de troisième cycle en statistique ;
- Avoir une bonne connaissance du contexte gabonais et notamment du système éducatif.
Il devra aussi posséder les compétences suivantes :
- Bonnes capacités en communication, tant pendant les présentations formelles et publiques que dans la circulation de l’information avec toute l’équipe technique et lors des entretiens.
Il devra avoir une expérience d’au moins 5 ans dans le domaine de la recherche, des statistiques ou du suivi/évaluation.
Il devra avoir une expérience de terrain dans la collecte et l’analyse des donnés d’enquête ou de routine. Avoir une expérience avec le système des Nations Unies sera un atout.
8- Coût de la consultance:
Le consultant No1 recruté devra être de niveau DEA/Doctorat/PHD. Avec une expérience professionnelle d’au moins 10 ans.
Le consultant No2 recruté devra être de niveau Master avec une expérience professionnelle d’au moins 5 ans.
En plus de leur proposition technique, les consultants devront soumettre une proposition financière qui spécifie pour chacune des lignes budgétaires les coûts unitaires. La proposition financière devra comprendre : (i) Les Honoraires ; (ii) Les frais de subsistance au taux de Libreville lors des missions dans le pays. A cela s’ajoutent les billets d’avion pour les voyages du lieu de résidence habituelle des consultants. L’UNICEF se réserve le droit de ne pas excéder la limite du budget disponible pour la conduite de cette activité.
Les consultants ne percevront la totalité de leur DSA et de leurs frais de transport qu’après remise du document de méthodologie avec le détail des dépenses prévues lors de ses déplacements. Ils percevront de leurs honoraires selon les modalités suivantes : 50% au dépôt du rapport final et 50% à l’acceptation du document stratégique.
Le paiement des honoraires n’interviendra qu’en cas de satisfaction de l’UNICEF et d’acceptation du rapport final. Le versement des différentes tranches des honoraires des consultants sera conditionné par la validation de chacun de ces documents.
Note : tous les candidats devront soumettre une proposition financière qui sera définit par rapport à la nature et au niveau de complexité de la consultance, d’une part, et le budget disponible, d’autre part. Pour une longue consultation (plus de 2 mois), le taux de DSA doit être un lump sum négocié couvrant toute la durée du SSA et non un taux journalier. En cas d’extension de contrat, les mêmes conditions d’honoraires s’appliqueront, cependant il n’y aura pas de paiement de DSA pour cette extension.
9- Conditions de Travail :
Les consultants pourront travailler depuis leurs domiciles ou tout autre local, et solliciter du bureau de l’UNICEF le partage des documents et la reprographie.
- Date souhaitée de début de la consultance : 15 octobre 2018
Date de fin de la consultance : 30 novembre 2018

















