Consultant/e en formulation de politiques et stratégies de nutrition, REACH Initiative, NDjamena (65762)
Date limite d’application : 30 septembre 2017
Mandat de consultation pour l’élaboration de l’agenda des Nations Unies pour la nutrition au Tchad
I – Contexte du pays
Selon les résultats de la dernière enquête nutritionnelle (SMART 2016) conduite sur l’ensemble du pays, le taux de la Malnutrition Aigüe Globale (MAG) au niveau national est de 11,9% [11,3 – 12,5], et cette situation nutritionnelle est considérée comme sérieuse selon la classification de l’OMS. La malnutrition chronique reste aussi élevée de l’ordre de 26,2% (25,2 – 27,3). En effet, le problème majeur du retard de croissance au Tchad, a une manifestation très précoce, dès la période intra-utérine et il perdure pendant la phase cruciale de développement de l’enfant, à savoir jusqu’à 24 mois « fenêtre » des 1000 jours selon les Séries ‘’The Lancet’’. De nos jours, il est clairement établi que le retard de croissance pendant cette période critique est responsable de dommages irréversibles sur les capacités physiques et cognitives des enfants et donc, de facto, sur celles des adultes qu’ils deviendront. Cette faim « cachée », moins visible que l’émaciation, cause des dégâts tout aussi considérables. Parmi les causes, on peut citer le problème d’inadéquation d’une alimentation complément pour les jeunes enfants lorsque l’allaitement maternel ne suffit plus à couvrir leurs besoins nutritionnels à partir de l’âge de 6 mois. Aussi, pour faire face au lourd fardeau du retard de croissance et aux pics saisonniers récurrents de la malnutrition aigüe, il est essentiel de mettre en œuvre des interventions de nutrition complètes et à grande échelle, prenant en compte l’urgence mais aussi et surtout des interventions à efficacité prouvée dans la prévention. La mise en œuvre de ces interventions exige une articulation intersectorielle pour s’assurer que tous les aspects relatifs aux causes directes et sous-jacentes de la malnutrition soient pris en compte dans les politiques de développement, les politiques sectorielles et les programmes nationaux. Cette articulation intersectorielle est insuffisante dans beaucoup de pays dont le Tchad. Afin de répondre à ce grand défi auquel le pays est confronté, le Tchad a adhéré à deux initiatives mondiales (Mouvement « SUN » en 2013 et à l’initiative REACH en 2012) qui œuvrent pour une meilleure intégration de la nutrition dans les programmes de développement et la mise à échelle des interventions de nutrition traceuses à haut impact. Cependant la non-fonctionnalité de l’ancrage actuel de la nutrition (CNNA) au niveau du gouvernement est inadéquate pour couvrir la dimension multisectorielle et l’absence d’une ligne budgétaire à la nutrition ne facilite pas la mise à échelle des interventions. Le pays s’est doté d’une politique nationale de nutrition et d’alimentation a été adoptée 2015. Ceci a été suivi par le développement du Plan d’Action Intersectoriel de Nutrition qui vient d’être finalisé avec un budget. Au Tchad, il existe une plateforme formelle opérationnelle (CTPNA) présidée par le PF SUN qui réunit toutes les parties-prenantes y compris les représentants des 8 réseaux fonctionnels pour la mise à l’échelle de la nutrition dans le pays. Enfin, cinq commissions Régionales de coordination de la Nutrition ont été installées comme commissions pilotes au niveau d’Ouadi Fira, Ouadaï, Guéra, Tandjilé, Logone occidental.
II – Justifications :
Il est connu de tous que la malnutrition constitue un véritable handicap au développement d’un pays et à l’état de santé des populations. En effet, elle rend les individus plus vulnérables à la maladie et réduit considérablement la productivité de ces derniers. Au Tchad, La malnutrition demeure un problème majeur de Santé Publique sous toutes ses formes et surtout dans la bande sahélienne, en dépit des efforts déployés par le Gouvernement, les agences du Système des Nations Unies et les autres partenaires humanitaires et de développement pour faire reculer les frontières de l’insécurité nutritionnelle. De nos jours 1 tchadien sur 7 meurt avant l’âge de cinq ans (Banque mondiale 2016) et plus de 322 000 enfants souffrant de malnutrition sévère en 2016 (UNICEF). Pour faire face à ce fléau en appui aux efforts du Gouvernement en la matière, 5 Agences des Nations Unies travaillent en étroite collaboration à travers le REACH depuis 2013. Et cette approche de programmation conjointe s’est renforcé en 2017 avec le lancement officiel du » Delivery As One » du nouveau cycle de partenariat de l’UNDAF. Le Réseau des NU pour le SUN a été formalisé en Janvier 2016 et est opérationnel. Plusieurs documents ont été élaboré parmi lesquels le plan de travail annuel, des termes de références pour le réseau NU, l’inventaire des actions en nutrition des agences ONU etc. L’organisation de cet atelier sera essentiellement consacrée à l’analyse des résultats de l’inventaire des actions en nutrition des agences des NU et à la préparation de la stratégie des Nations Unies pour lutter contre la malnutrition dans le pays. L’élaboration de la stratégie des NU pour la nutrition vise à mettre en œuvre les recommandations du Comité directeur du Réseau des Nations Unies a l’intention des pays de prendre des mesures pour renforcer la pertinence, l’efficience et l’efficacité des contributions de l’ONU à la nutrition. Les six actions recommandées au Réseau des Nations Unies au niveau des pays (Résultat 5).
III – Vision de l’’Agenda du SNU pour la nutrition :
La vision de la stratégie des Nations Unies pour la nutrition a pour vision :’’ Le SNU dispose d’un cadre pour appuyer de façon coordonnée et synergique le Gouvernement dans la mise en œuvre à l’échelle d’interventions de nutrition contribuant au bien-être de la population tchadienne’’.
IV – Résultats et produits attendus :
Résultat 1 : Les documents stratégiques et normatifs sont validés, adoptés et mis en œuvre :
- Plaidoyer pour l’accès aux financements domestiques pour la mise à l’échelle de la nutrition est renforcé;
- Les mécanismes de gouvernance de la nutrition sont opérationnels;
- Les objectifs SMART de nutrition sont mis en place à l’échelle nationale
Résultat 2 : Les populations ont pris conscience du problème de la malnutrition, utilisent les services de nutrition et adoptent de bonnes pratiques pour la prévention de la malnutrition :
- Les populations savent reconnaitre les signes de la malnutrition et comprennent ses causes et conséquences;
- L’accès aux services de nutrition préventive et curative est renforcé pour favoriser son utilisation par les populations.
- Les populations connaissent et adoptent les pratiques essentielles pour la prévention de la malnutrition.
Résultat 3 : Les capacités en nutrition sont accrues pour appuyer la mise à l’échelle des services spécifiques et sensibles de nutrition :
- Les plateformes de coordination multisectorielles nationales sont fonctionnelles et reflètent les enjeux régionaux;
- Les plateformes régionales sont fonctionnelles et intègrent la nutrition;
- Les capacités des acteurs nationaux sont renforcées pour la planification, suivi et capitalisation des interventions nutritionnelles;
- Les capacités des acteurs régionaux sont renforcées pour la planification, mise en œuvre, suivi et capitalisation des interventions nutritionnelles.
Résultat 4 : Les interventions multisectorielles en matière de la nutrition des NU sont coordonnées et harmonisées en garantissant un lien entre les actions des urgences et de développement pour accroitre l’efficacité et la redevabilité :
- Un réseau intégrant les agences intervenant dans la nutrition est fonctionnel avec les Point focaux dans les régions;
- Les interventions multisectorielles de la nutrition sont basées sur une programmation commune;
- Un système de suivi conjoint des interventions est opérationnel et alimenté régulièrement par des données (informations);
- Un Plan de transition, de contingence et entre l’urgence et le développement est définis ;
- La communication et la coordination entre l’urgence et le développement sont renforcées.
Résultat 5 : Les bonnes pratiques sont capitalisées, partagées et les actions innovants sont entreprises :
- Les inventaires sont organisés régulièrement pour déceler les bonnes pratiques et les innovations en nutrition;
- Les recherches opérationnelles sur la nutrition sont soutenues par le SNU;
- Un cadre pour la capitalisation, la validation et la mise en œuvre des bonnes pratiques et des innovations est mis en place;
- L’adoption et la mise en œuvre à l’échelle des bonnes pratiques et des innovations est suivi ;
- Une plateforme pour la promotion, et la visibilité des bonnes pratiques est mise en place.
V – Méthodologie :
La méthodologie de travail sera détaillée par le consultant au début de la consultation. Cependant, elle devrait inclure les éléments retenus par consensus au cours de la retraite qui suivent :
- La vision ;
- Les résultats ;
- Les produits.
VI – Expériences :
- Au moins 5 ans d’expérience dans les domaines de la nutrition, sécurité alimentaire, santé publique et/ou en gestion, formulation de politiques et stratégies ;
- Bonne expérience en gestion de la dynamique de groupe et du changement,
- Connaissance des problématiques de santé et de nutrition au Tchad et ses différentes implications pour le développement du pays ;
- Excellentes compétences d’analyse, de recherche, de rédaction et de communication;
- Une expérience avérée dans la production de résultats de qualité professionnelle ;
- Une expérience de travail avec et/ou une connaissance du Système des Nations Unies ses visions, stratégies et Programmes serait un atout.
VII – Qualifications requises:
Master avec 5 ans ou plus expérience dans l’un au moins des domaines clés de la sécurité alimentaire et nutritionnelle (médecine, santé publique, nutrition, économie, politiques publiques, sociales ou administration, gestion, agriculture, élevage, éducation), ou tout autre domaine connexe.
VIII – Connaissance des Langues:
- La maîtrise du français parlé et écrit est nécessaire;
- La maîtrise de l’anglais parlé et écrit est un atout.
IX – Calendrier :
Le processus d’élaboration débuterait idéalement au début du mois d’octobre 2017 et serait exécuté au cours d’une période ne dépassant pas 30 jours.
X – Arrangement administratif :
Le Consultant travaillera sous la supervision d’une équipe conjointe des Agences REACH à travers des sessions d’information, dont la périodicité reste à définir.
DATE LIMITEET REMARQUES
Date limite d’application : 30 septembre 2017
Les demandes doivent être soumises en ligne en suivant la procédure ci-dessous:
- Étape 1 : Créer votre CV en ligne
- Étape 2 : Consulter les offres en ligne au lien http://www1.wfp.org/careers/job-openings
- Étape 3: Cliquer et postuler sur le ou les postes correspondant à votre profil
Le CV peut être rédigé en français
Seuls les candidats présélectionnés seront contactés
Les candidatures féminines sont vivement encouragées

















