UNICEF recrute un spécialiste en vaccination, CNO TA Bamako, Mali
Job no : 532892
Work type : Temporary Appointment
Level : NO-3
Location : Mali
Categories : Health
CONTEXTE ET OBJECTIF :
Le Mali fait partie des six pays de la sous-région où la couverture vaccinale des enfants de moins d’un an Stagne depuis 2016. En effet, selon les estimations OMS/Unicef, la couverture vaccinale en DTC3 est de 76% en 2016 et 77% chaque année de 2017 à 2019.
L’objectif visé par le Plan d’Action Mondial pour les Vaccins en termes d’atteinte de l’équité est de 100% des districts atteignant 80% de couverture en DTC3 dans un pays. Au Mali, selon l’enquête de couverture vaccinale réalisée en 2015 chez les enfants de 12 à 23 mois, seulement 20 districts sur 65 (31%) avaient une couverture vaccinale en DTC3 supérieure ou égale à 80% en fin 2016.
Selon les résultats de l’enquête MICS réalisée en 2015, seulement 55.5% des enfants de 12-23 mois ont reçu trois doses du vaccin pentavalent (DTC-Hib-Hep) au Mali et moins de 25% ont reçu toutes les doses de vaccins requises avant leur premier anniversaire. 20% des enfants n’avaient reçu aucune dose d’un quelconque vaccin selon la même enquête.
Il existe également des disparités en matière de couverture vaccinale. On constate que c’est dans la région de Bamako qu’elle est la plus élevée (80.5%) et, à l’opposé, dans la région de Gao qu’elle est la plus faible (21%). En outre, la proportion d’enfants vaccinés au penta3 varie avec le niveau d’instruction de la mère, de 51.9% parmi les enfants dont la mère n’a aucune instruction à 59.6% parmi ceux dont la mère a un niveau primaire et à 79.2% pour ceux dont la mère a un niveau secondaire ou plus. Le taux de couverture vaccinale varie aussi avec le niveau économique du ménage de l’enfant, de 38.8% dans les ménages classés dans le quintile le plus bas à 74.5 % dans ceux du quintile le plus élevé. Il n’a pas été observé de différence significative de couverture vaccinale selon le sexe de l’enfant.
L’analyse des données des différentes enquêtes démographiques et de sante réalisées au Mali depuis 1995 montre que ces écarts de couverture vaccinale sont persistants dans le temps. En effet, l’écart de couverture vaccinale selon les régions n’a pas changé sur les vingt dernières années malgré une progression globale de la couverture vaccinale. Pour les autres déterminants, une réduction des écarts était perceptible entre 2000 et 2005 avec rechute à partir de 2010.
Devant la persistance de la stagnation de la couverture vaccinale dans certaines régions et districts sur une longue période et malgré les efforts déployés, il est apparu opportun d’investiguer les principales causes de cette situation. 11 districts prioritaires (Bafoulabé, Diéma, Kéniéba, Kita, Bougouni, Koutiala, Yorosso, Macina, Niono, Commune1 et Commune 6) ont été sélectionnés dans un premier temps sur base du nombre élevé d’enfants non-vaccinés, du taux d’abandon et l’incidence de maladies épidémiques évitables par la vaccination (ex. rougeole) pour abriter les ateliers d’analyse des goulots d’étranglement a l’accès et l’utilisation des services de vaccination. Ensuite , aux 11 districts prioritaires ont été ajoutés 12 autres ; ce qui amène à un total de 23 districts prioritaires
Les principaux goulots d’étranglement identifiés lors des ateliers déjà réalisés dans certains districts sont essentiellement :
- La faible disponibilité des intrants de vaccination dans les formations sanitaires consécutives à des ruptures de stock en vaccins et ruptures de chaîne de froid ;
- L’insuffisance quantitative et qualitative de ressources humaines pour la vaccination ;
- La faible accessibilité géographique des structures de soins avec faible mise en œuvre des stratégies avancées ;
- Une faible utilisation des services de vaccination avec un fort taux de déperdition sur le calendrier vaccinal.
L’analyse des goulots d’étranglement a permis de relever les principales causes suivantes :
- Absence de microplans des activités de vaccination au niveau des formations sanitaires ;
- Non maitrise de la population cible (l’utilisation des données du RGPH n’est pas applicable au niveau des formations sanitaires) ;
- Méconnaissance des populations difficiles d’accès et absence d’actions orientées vers elles ;
- Mauvaise planification/analyse des stratégies avancées et non intégration d’autres interventions de SMI ;
- Absence de stratégies de recherche des perdus de vue ;
- Faible qualité des supervisions formative ;
- Absence d’analyse régulière des performances du PEV (pas de réunion mensuelle de monitorage avec ASACO) ;
- Faible implication/participation communautaire (absence de cartographie sociale des parties prenantes).
Parallèlement à l’analyse des goulots d’étranglement du système de vaccination, une analyse des communautés difficiles d’accès a été réalisée dans les 11 districts prioritaires. Les résultats de cette analyse ont identifié comme communautés difficiles d’accès :
- Les nomades : Ce sont des groupes de communautés d’éleveurs et de bergers transhumants, sans village fixe, qui se déplacent à la recherche de points d’eau et de pâturages pour leurs animaux. Ils sont caractérisés par leur grande mobilité et l’absence d’habitats permanents fixes, mais ils suivent généralement des itinéraires précis en fonction de la période de l’année ;
- Communautés occupant le lit des fleuves (Niger et Sénégal) : Pécheurs, elles sont installées de façon périodique, le long des fleuves à la recherche de poissons. Elles sont caractérisées par leur grande mobilité, changeant de site au rythme de la crue et de la décrue, et en suivant le mouvement migratoire des poissons ;
- Populations dispersées/éloignées : agriculteurs à la recherche constante de champs fertiles, ce sont des populations vivant dans des habitats dispersés sur de grande surface, souvent très loin de leurs villages d’origine ou elles sont recensées. Elles sont installées dans des sites difficiles à atteindre pendant la période hivernale et la période des récoltes ;
- Communautés affectées par les conflits : ce sont des communautés vivant dans les zones d’insécurité des régions du centre et du nord du pays ;
- Communautés vivant sur les sites d’orpaillage : venant de divers horizons dont les pays frontaliers (Burkina Faso, Guinée, Sénégal et Cote d’Ivoire). Elles se déplacent d’un site à un autre à la recherche de l’or. Elles sont caractérisées par leur grande mobilité. Ces communautés sont constamment renouvelables en fonction de la teneur en or des dites localités. Ces communautés sont organisées en associations gérées par des leaders appelés Ton Boloman qui sont très influents ;
- Groupes religieux extrémistes (sunnites et pieds nus) : qui pensent que la protection est divine et ne veulent pas que les femmes fréquentent les lieux publics. Ils rejettent tout ce qui est moderne ou venant de l’occident. On les retrouve dans les régions du centre et du nord du pays ;
- Populations périurbaines : Population vivant dans les quartiers spontanés aux abords des grandes villes sur les collines et en milieu périurbain, elles sont constituées en majorité de vendeuses ambulantes, de jardiniers, d’aide-ménagères, d’ouvriers saisonniers et des migrants. Elles sont caractérisées par la précarité ;
- Les communautés sans domicile fixe : elles sont composées de mendiants qui vivent dans certains lieux publics dans les grandes villes : mosquées, le long des grandes artères, marches, gares routières. Elles sont caractérisées par la grande précarité.
Au cours de l’analyse de l’équité en immunisation, les obstacles retenus comme limitant l’accès des communautés difficiles aux services de vaccination sont :
- Méconnaissance de certaines populations difficiles d’accès par les gestionnaires des services de santé et absence d’actions orientées vers elles : en effet, avant l’exercice d’analyse de l’équité, le processus de micro planification ne prenait pas en compte l’identification des populations difficiles d’accès ;
- Non prise en compte des communautés dispersées et éloignées de leurs villages dans la micro planification des activités de vaccination. En effet, elles ne figuraient pas sur la cartographie des aires de sante ;
- Absence de cartographie des itinéraires des populations nomades (pasteurs et pécheurs) ;
- Couverture insuffisante des communautés par la programmation et la réalisation des stratégies de vaccination ;
- Absence ou insuffisance de cadre d’échanges avec les responsables communautaires sur l’organisation et la réalisation des stratégies de vaccination ;
- Absence de cartographie sociale des acteurs potentiels dans l’organisation et la mise en œuvre des stratégies de vaccination ;
- L’organisation insuffisante des services de vaccination dans les grandes villes : horaires inadaptés avec la longue file d’attente ;
- Absence de stratégies orientées vers les enfants des quartiers périurbains et des quartiers pauvres des villes.
Chacun de 23 districts prioritaires dispose d’un plan d’action développé à l’issue des ateliers d’analyse d’equité et qui vise à améliorer l’accès des populations difficiles d’accès aux services de vaccination tout en levant les goulots d’étranglement du système de vaccination.
C’est pour accompagner le MSAS dans la mise en œuvre de ces plans d’action que l’UNICEF Mali met à sa disposition des ressources humaines pour appui technique au programme élargi de vaccination et au niveau des districts sanitaires pour la mise en œuvre de l’approche équité en immunisation.
PRINCIPALES TACHES / RESPONSABILITES :
- Appuyer la mise a jour de la stratégie urbaine de vaccination dans la ville de Bamako en intégrant les interventions de la santé maternelle et néonatale, prenant en compte les personnes déplacés et les populations des milieux péri-urbains de Bamako ;
- Appuyer l’élaboration et la mise à jour des microplans des communes de Bamako et la sélection des interventions/stratégies pro-équité à mettre en œuvre en milieu urbain ;
- Apporter un appui technique à l’élaboration de la cartographie sociale des intervenants en vaccination dans la ville de Bamako ;
- Participer à la mise en place des plateformes urbaines pour la vaccination et le suivi du cadre de redevabilité dans les communes prioritaires de Bamako ;
- Apporter un appui technique à la mise en place du registre électronique de vaccination dans deux communes de Bamako ;
- Apporter un appui technique à la programmation des stratégies urbaines de de vaccination (place des marches, itinéraires des travailleuses urbaines…) ;
- Participer à l’élaboration des plans de supervision formative ciblés basés sur une analyse des forces et faiblesses du programme ;
- Apporter un appui technique à l’analyse des données DIHS2 lors de sessions de revues trimestrielles des données du PEV et établissement du bulletin trimestriel du PEV ;
- Contribuer à la mise en place d’un cadre de suivi et de monitorage des interventions orientées vers les communautés difficiles d’accès ;
- Faire le suivi trimestriel des tableaux de bord et des goulots d’étranglements du système de vaccination des districts prioritaires.
PRINCIPAUX RESULTATS ATTENDUS :
- La stratégie urbaine de vaccination intégrant les interventions de la santé maternelle et néonatale est mise à jour ;
- Micros plans PEV des communes de Bamako sont mis à jour trimestriellement et dans 100% des aires de sante desdits communes ;
- Une cartographie des centres de vaccination (publics, parapubliques ou prives) dans la ville de Bamako est disponible et mis à jour ;
- Un cadre d’échange des intervenants en vaccination dans la ville de Bamako est établi et fonctionnel ;
- 100% des micro-plans de district indiquent les populations difficiles d’accès et indiquent comment les atteindre ;
- L’Utilisation des TIC (téléphonie mobile) dans la vaccination est effective et documentée dans au moins une commune de Bamako ;
- L’introduction d’un registre électronique de vaccination est effective dans au moins une commune de Bamako ;
- Les tableaux de bords et les goulots d’étranglement du système de vaccination des communes prioritaires sont monitorés chaque trimestre ;
- Chaque trimestre, chaque district reçoit au moins une supervision formative (avec un retour documenté) par le niveau régional ;
- 100% des districts prioritaires et de centres de santé effectuent au moins une réunion par trimestre au cours de laquelle la vaccination et d’autres services de soins de santé primaires sont discutés avec les dirigeants des organisations communautaires, des autorités locales et des chefs religieux ;
- 100% des districts procèdent à une réunion mensuelle d’examen des rapports au cours laquelle les données, les tendances et les actions de suivi sont discutées avec les commentaires envoyés aux formations sanitaires.
Qualification et Compétences requises :
Formation : Diplôme de médecin, avec Spécialisation (niveau Masters II) en Sante Publique.
Expérience professionnelle :
- Cinq ans d’expérience de travail professionnel aux niveaux national et international dans la planification, la programmation, la mise en œuvre du suivi et l’évaluation des programmes de santé / vaccination. Expérience professionnelle dans un poste d’expert technique en rapport avec la survie de l’enfant et les soins de santé ;
- Contexte / familiarité avec l’urgence ;
- Bonne connaissance de la stratégie ACD/Equité et modalité de sa mise en œuvre ;
- Bonne expérience en formation des agents de santé en gestion du PEV (planification, logistique, communication et immunisation en pratique) ;
- Bonne connaissance des stratégies C4D pour le PEV de routine ;
- Bonne connaissance du français. L’anglais est un atout ainsi que la connaissance de la langue locale est un atout.
Compétences clefs :
Valeurs fondamentales :
- Engagement ;
- Diversité et inclusion ;
- Intégrité.
Compétences essentielles :
- Communication (II) ;
- Travailler avec les gens (II) ;
- Recherche de résultats (II).
Compétences fonctionnelles :
- Instaurer la confiance [II] ;
- Influence [II] ;
- Gestion des ressources [II] ;
- Jugement [II] ;
- Connaissances techniques [II] ;
- Direction de l’équipe [II] ;
- Planification, établissement de normes et suivi des travaux [ II].
Langues : Parler et écrire parfaitement le français ; la connaissance de l’anglais est un atout.
CONDITIONS DE TRAVAIL :
Travaillant dans les locaux de l’UNICEF, le personnel sera doté de tous les outils de travail que l’UNICEF met à la disposition de son personnel (ordinateur, bureau, moyens de déplacement lors de missions, …). Il sera soumis aux exigences de sécurité en vigueur à l’UNICEF et dans le SNU et devra être à jour sur les cours de sécurité.
Le personnel sera basé à Bamako avec des déplacements à l’intérieur du pays pour appuyer les équipes des bureaux de zones et celles des districts au besoins.
Only shortlisted candidates will be contacted and advance to the next stage of the selection process.
Applications close : 14 Jul 2020 11:55 PM Greenwich Standard Time.

















