SWISSAID lance un avis d’appel d’offre pour la réalisation d’une étude sur les causes des violences domestiques, Dantchandou, Niger

 

Contexte et justification :

Dans la commune de Dantchandou, à l’instar de certaines communes de la zone d’intervention de l’ONG SWISSAID Niger, l’organisation sociale traditionnelle est de type patriarcal. Les relations familiales entre les hommes et les femmes sont basées, sur une inégalité fondamentale entre l’homme, chef de famille et la femme, mère et épouse. C’est l’homme qui incarne l’autorité au sein du ménage, il fixe les règles et les codes de conduite, il assure le contrôle et la gestion des biens familiaux, il prend les décisions capitales. La femme, quant à elle, assure la perpétuation de la descendance familiale à travers la procréation. Son rôle va donc consister à procréer et à s’occuper des enfants, elle assure la charge sociale du fonctionnement de la vie domestique, elle réalise les travaux ménagers et prend soin des enfants et autres membres de la famille.

Ainsi, l’on peut aisément constater que les femmes et les jeunes sont généralement plus désavantagées que les hommes, non seulement au niveau de la population tout entière, mais aussi parmi les tranches les plus pauvres de cette population. Ces formes d’inégalités demeurent aujourd’hui de véritables obstacles pour un impact des actions de développement, elles limitent l’accès des femmes aux ressources, freinent leurs capacités d’intervention et de fait réduisent leurs chances de développer leurs potentialités.

A cela s’ajoute les différentes formes de violences basées sur le genre dont les femmes sont victimes dans la commune de Dantchandou. De manière particulière, la femme est considérée dans cette commune comme une personne de second rang et ne jouit donc pas des droits qui lui sont reconnus au même titre que l’homme. En effet, la femme dans cette localité est victime de toutes les formes de violence de manière récurrentes (physiques, psychologiques, économiques…) dans sa vie.

L’on souligne l’existence d’une pratique sur les violences dont les femmes constituent un haut pourcentage des victimes. En effet, les hommes continuent les anciennes pratiques de contrôler les femmes, et, en général, plaidaient pour une culture qui ne respecte pas les droits des femmes. Selon cette culture, la femme est condamnée à verser la totalité des dépenses liées à son mariage en plus de la dote, quand le divorce est prononcé à sa demande.

Selon les autorités communales, ce phénomène pose tellement de problème que d’aucuns s’interrogent sur le pourquoi de son ampleur. En effet, cette question intéresse tant les autorités administratives et coutumières, les services techniques du domaine, les organisations communautaires, les jeunes ainsi que la communauté tout entière. Les conséquences de ce phénomène sont évidentes (augmentation du taux de divorce, grossesses non désirées, traumatisme physique et psychologique, violation des droits des enfants, …), mais ses causes restent encore mal définies. Même sur le plan national, les quelques études menées sur le problème de Violence Basées sur le Genre (VBG) ont mis l’accent sur une description et dénonciation de ces violences et sur l’aspect violation des droits humains des femmes. Ainsi, n’est-il pas pertinent de s’interroger sur le pourquoi de ces violences, d’identifier et d’analyser leurs fondements socioculturels, de mettre en exergue les facteurs et motivations qui poussent les hommes à poser de tels actes contre leurs femmes et leurs filles. Cette étude permettrait d’avoir une compréhension plus globale du problème pour une bonne élaboration de plans et de stratégies appropriées pour l’éradication de cette forme de violence envers les femmes et les enfants. Les résultats permettront de développer un programme de plaidoyer contre les violences faites aux femmes et de soutenir les femmes et enfants victimes auprès des institutions spécialisées.

 

Objectifs de l’étude :

L’objectif général de cette étude est d’identifier et d’analyser les fondements socioculturels des violences Basées sur le Genre dans la commune de Dantchandou, afin de proposer des stratégies, des plans d’actions pour la réduction des VBG.

 

Objectifs spécifiques de l’étude genre :

Spécifiquement, l’étude doit permettre de :

  • Identifier les principaux problèmes de développement rencontrés dans la zone et la façon dont ces problèmes affectent les femmes et les jeunes ;
  • Identifier les différentes formes d’inégalités de genre qui existent dans la commune de Dantchandou et leurs causes profondes ;
  • Identifier les aspects socio-culturels liés au genre qui peuvent être à la base des différentes formes de violation des droits des femmes.
  • Proposer un mécanisme adéquat et approprié pour la réduction des VBG à Dantchandou ainsi que des recommandations suite aux différentes analyses ;
  • Identifier quelle méthodologie d’intervention favoriserait les femmes, et les jeunes et leur participation à tous les niveaux et dans les processus de gestion et de décision ;
  • Proposer une approche visant à une participation active des jeunes hommes dans la lutte contre les VBG ;

 

Les produits attendus :

Cette étude permettrait d’avoir une compréhension plus globale du problème pour une bonne élaboration de plans et de stratégies appropriées pour l’éradication de cette forme de violence envers les femmes et les enfants dans la commune de Dantchandou.

Les produits suivants sont attendus de l’étude :

  • Une fois toutes les données et informations collectées, le/la consultant-e présentera ses constatations, conclusions et recommandations préliminaires au cours d’une restitution sur le terrain au niveau du partenaire de mise en œuvre du projet ;
  • Puis enverra un draft de son rapport à SWISSAID 03 jours après les ateliers de restitution, afin de le discuter et le valider. Ce draft sera aussi envoyé à SWISSAID Suisse qui le commentera ;
  • Le BuCo disposera de 03 jours pour faire ses observations et les envoyer ;
  • Le rapport final définitif tenant compte des observations reçues sera présenté dans les 05 jours suivants.

Le/la consultant-e est pleinement responsable de son rapport indépendant, qui ne doit pas nécessairement refléter le point de vue de SWISSAID.

L’anonymat et les droits des répondants doivent être assurés, les données traitées et archivées confidentiellement.

 

Méthodologie et déroulement de la mission :

Une méthodologie précise sera proposée par le ou la consultant(e) en fonction des présents termes de référence (TDR).

Le ou la consultant/e prendra connaissance des documents de Swissaid concernant le projet et le genre (politique genre globale de SWISSAID, rapport de la capitalisation genre du BuCo de juillet 2016).

Les enquêtes se dérouleront dans des villages identifiés sur la base d’un échantillonnage et à même de représenter le plus fidèlement la population des villages constituant la zone d’intervention du programme, susceptibles de recevoir une intervention dans le domaine du genre.

Le public cible de l’étude (la base de sondage) sera constitué par les OCB (féminins, masculins, mixtes…), les leaders femmes, hommes et jeunes, les leaders religieux et coutumiers, les STD dans le domaine du développement communautaire et de la promotion de la femme, les forces de l’ordre en occurrence la gendarmerie.

Les méthodes d’enquête seront les entretiens individuels et en groupe. Les entretiens se feront sur la base d’un échantillonnage qui tiendra compte des spécificités et prendra en compte les obstacles qui peuvent empêcher la consultation des femmes et des jeunes, utiliser des méthodes qui leurs permettent de s’exprimer.

 

Profils du/de la consultant(e) :

Etre titulaire d’un diplôme universitaire de deuxième ou troisième cycle en sciences sociales, droit ou secteurs assimilés, et d’un certificat de formation dans le domaine du genre.

Le consultant doit avoir une forte expérience en matière de genre et disposer d’une bonne expérience dans la conduite de missions similaires (au moins deux à trois missions réalisées). Il doit connaître la PNG (Politique Nationale Genre) Il doit également disposer d’une expérience dans la prise en compte du genre dans les projets.

Le/la consultant/e doit en outre disposer de :

  • Une expérience solide dans la planification, la mise en œuvre et l’analyse de projets genre ;
  • Une expérience avérée en développement local
  • Expérience avérée dans la conduite des diagnostics, analyse de situation, ou études de base
  • Maîtrise des questions liées à la promotion de l’égalité entre hommes et femmes et la coresponsabilité des hommes dans la promotion de l’égalité hommes-femmes ;
  • Des compétences avérées dans le domaine de l’intégration de ces questions dans la mise en œuvre des programmes et projets ;
  • Une connaissance du contexte nigérien en matière de genre ;
  • Excellentes capacités de modération et usage de méthodes participatives,
  • Excellentes compétences analytiques, conceptuelles et rédactionnelles,
  • Excellentes capacités de communication en français, maitrise du Zarma et du Haoussa serait un atout,
  • Maîtrise de Excel, SPSS et autres outils/logiciels d’analyse des données d’un diagnostic.

 

Calendrier et durée de la consultation :

Cette étude genre durera 20 jours au total. La durée comprendra : la réunion de cadrage avec l’équipe du BuCo SWISSAID Niger, la recherche documentaire, la collecte d’informations sur le terrain, le traitement, l’analyse des informations et la rédaction du rapport provisoire puis du rapport définitif.

Présentation des offres :

Les personnes intéressées sont priées de se manifester à travers une proposition d’offres technique et financière à déposer en version électronique, au plus tard le 31 août 2022 à 9 heures (dernier délai) au Bureau de Coordination SWISSAID Niger, Bld. Mali Béro, Rue Yantala Haut – 121 n° 113, BP : 10 575 Niamey, Tél. : 20 75 54 30, Fax : 20 75 54 32, ou envoyer par email à mail@swissaidniger.org

Les dossiers reçus par le BuCo ne peuvent faire l’objet d’aucune restitution. Seuls les candidats sélectionnés seront contactés. Pour des raisons de logistique dues au contexte sécuritaire, les candidatures nationales et/ou sous régionales seront préférées.

L’analyse des offres se fera sur la base d’une analyse qualité/coût.

Après le choix définitif, une notification sera faite au/à la consultant/e. SWISSAID se réserve le droit ne pas donner suite aux dossiers non retenus.

Le payement des honoraires sera effectué de la façon suivante : 50% après la signature et l’enregistrement du contrat et 50% après la validation du rapport définitif par le BuCo SWISSAID.

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