Recrutement d’un groupe de consultants(es) en Afrique de l’Ouest

L’Observatoire du Sahara et du Sahel recrute un groupe de consultants (es)/un bureau d’études pour l’établissement de la situation de références (baselines) du projet ADAPT-WAP.

 

Contexte de la mission :

Le complexe W-Arly-Pendjari (WAP) est l’une des plus importantes compositions d’écosystèmes terrestres transfrontaliers d’Afrique partagé par le Bénin, le Burkina Faso et le Niger. Ce réseau d’aires protégées comprend la réserve de biosphère transfrontalière W (WTBR), commune aux trois pays, le parc national d’Arly au Burkina Faso et le parc national de Pendjari au Bénin.

Le complexe WAP, présente une diversité biologique considérable qui contribue au développement économique et social de la sous-région. Dans les zones périphériques du complexe et à environ 40 km de ses aires protégées, on compte plus de 500 villes et villages totalisant 1 million d’habitants.

Les ressources naturelles du complexe WAP représentent un atout majeur pour les populations locales dont les moyens de subsistance reposent principalement sur l’agriculture, l’élevage, la pêche, les ressources forestières (produits ligneux et non ligneux) et le tourisme. Cependant, le complexe WAP est soumis à de multiples pressions et menaces, exacerbées par le changement et la variabilité climatique. Il constitue une destination importante pour les migrants agricoles ainsi qu’un important point de passage pour le bétail transhumant, tous attirés par la disponibilité relativement plus grande des ressources naturelles. En raison du changement climatique, le complexe WAP pourrait constituer un refuge pour un plus grand nombre de transhumants et donc être soumis à des pressions plus fortes.

C’est dans ce contexte que l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), en collaboration avec les trois pays concernés, met en œuvre le projet régional « Intégration des mesures d’adaptation au changement climatique dans la gestion concertée du complexe transfrontalier WAP « ADAPT-WAP ».

Pour mesurer les progrès et les effets obtenus de la mise en œuvre du projet, il importe d’avoir la situation de référence au démarrage du projet à partir d’indicateurs pertinents. L’analyse de cette situation donnera des informations sur l’état du complexe et des ressources naturelles à laquelle le projet tend à apporter des changements. Elle permet de fixer des points de référence indispensables pour évaluer les changements et l’impact, en autorisant les comparaisons entre la situation avant et après l’intervention, ce qui permet de tirer des conclusions par inférence sur l’efficacité et l’impact du projet.

Les présents termes de références ont été élaborés afin de recruter un bureau d’études ou un groupe de consultants.es pour l’élaboration de la situation de référence du projet assortie d’une proposition d’un plan de suivi-évaluation.

Description du projet :

Objectifs du projet :

Le projet ADAPT-WAP vise à renforcer la résilience des écosystèmes et à améliorer les moyens de subsistance des populations au sein du complexe en relation avec la problématique du changement climatique, grâce à la mise en place d’un système d’alerte précoce multirisques et à la mise en œuvre de mesures d’adaptation concrètes.

Ce projet consolidera également la synergie entre les trois pays bénéficiaires en renforçant la gestion durable et participative du complexe et ses ressources naturelles et en contribuant à la résolution des conflits induits notamment par le changement climatique entre différents utilisateurs. Les communautés locales seront mobilisées et soutenues pour mettre en œuvre des actions et mesures d’adaptation concrètes permettant de renforcer leur résilience au changement climatique leurs conditions de vie.

Les objectifs spécifiques du projet sont :

  • Améliorer les documents de référence stratégiques, tels que le schéma directeur d’aménagement et les plans d’aménagement et de gestion, en intégrant les questions relatives au changement climatique ;
  • Accroître la résilience des populations grâce à un système d’alerte précoce et à la fourniture d’informations pertinentes et opportunes sur la survenue d’événements météorologiques extrêmes dans le complexe WAP et ses zones adjacentes ;
  • Renforcer la résilience des écosystèmes et des moyens de subsistance des populations par le développement d’infrastructures (corridors de transhumance, abreuvoirs et structures antiinondations…) ;
  • Assurer la durabilité des mesures d’adaptation par la mobilisation et la sensibilisation des bénéficiaires et des partenaires pour maîtriser les outils développés et exécuter les activités planifiées.

Justificatifs et objectif de l’étude :

L’objectif global de l’élaboration de la situation de références est d’établir un état initial de référence à partir duquel les résultats escomptés du projet seront mesurés. Il s’agira donc de recueillir des données et informations détaillées sur le terrain dans les limites des zones du projet afin d’orienter et d’enrichir le processus de mise en œuvre.

Elle est donc indispensable et doit être réalisée avant le lancement des interventions, de manière à établir des jalons réalistes par rapport auxquels on examinera le changement induit par le projet. Elle constituera un élément essentiel pour les activités de suivi et évaluation et permettra d’apprécier quantitativement et qualitativement la contribution de chaque composante à l’atteinte des objectifs du projet.

L’étude devra analyser les questions environnementales, socio-économiques, l’utilisation des ressources naturelles et leurs dynamiques au fil du temps, les différents acteurs et intervenants dans les communes rurales riveraines aux cinq parcs du complexe WAP.

Portée de l’étude et taches du.de la consultant.e :

La prestation demandée vise plus spécifiquement à :

Décrire :

  • La situation actuelle dans les communautés riveraines ciblées en rapport avec les interventions du projet, en termes de : i) état et pratiques de gestion des ressources naturelles, ii) production agricole et pratiques de production, iii) accès aux marchés, iv) activités socio-économiques et dépenses, v) épargne et accès au crédit, vi) vulnérabilité aux désastres et réponses apportées, vii) capacité de gouvernance locale, etc. Une attention particulière devra être accordée au genre, aux jeunes et aux groupes vulnérables et marginalisés ;
  • L’état actuel des écosystèmes des cinq parcs (états évolutifs, dynamique de la végétation, pratiques de conservation, pressions exercées et forces motrices à l’origine des pressions, réponses significatives apportées au niveau local, dans les zones fortement menacées).

Identifier :

  • Une liste d’indicateurs et leur situation de départ, permettant de mesurer facilement les impacts, effets, et résultats du projet dans ses zones d’intervention ;
  • Les zones et sites d’intervention du projet où seront menées les différentes activités de terrain (une cartographie indiquant les divers emplacements).

Cartographier :

Les principaux acteurs et bénéficiaires dans les différentes zones d’intervention du projet notamment les organisations de la société civile (Associations, ONG,  groupements socioprofessionnels etc.), ainsi que les groupes des personnes vulnérables.

Collecter :

  • Les données quantitatives et informations nécessaires pour établir une situation de référence qui serviront à mesurer les indicateurs clés durant la vie du projet (en clarifiant les sources, les rôles et responsabilités, les données à renseigner, le coût pour le faire, et la périodicité de collecte) ;
  • Les données qualitatives relatives au degré de sensibilisation des différents groupes cibles par rapport aux différents thématiques (Changement Climatique, ressources naturelles, gestion des catastrophes…).

Proposer :

  • Un mécanisme de suivi-évaluation du projet incluant l’analyse des risques actualisés (en clarifiant les rôles et responsabilités, les données à renseigner, les méthodes de calcul des indicateurs, le coût pour le faire, la périodicité de collecte, etc.) ;
  • Des amendements, s’il y a lieu, au cadre des résultats.

Le bureau d’études ou le groupe de consultants.es devra prendre en compte les paramètres non exhaustifs cités ci-dessous lors de l’étude afin de donner une vue d’ensemble de la situation sur le terrain en effectuant les tâches suivantes :

  1. Analyse de l’état de gestion du complexe – Recueillir et analyser les textes, les lois et instruments de gestion actuelle du complexe ; – Procéder à la cartographie des acteurs intervenant dans la zone du projet – Analyser les instruments d’intervention actuellement en place en cas de sinistre/catastrophes (inondation, incendie, attaque de félins, etc.) – Diagnostiquer le système d’intervention en cas de catastrophe ou danger ;
  2. Présentation du milieu biophysique – Présenter l’état de protection des écosystèmes et des ressources naturelles du complexe ; – Décrire l’état actuel des rivières et les ruisseaux (aspects qualitatifs et quantitatifs, assèchement, pollution…) – Identifier, localiser et estimer les superficies des zones dégradées (forestières, pastorales, agricoles …) – Identifier, localiser et estimer les superficies les zones à reboiser ; – Identifier et localiser les zones de pâturages et les zones d’amélioration pastorale ; – Identifier et localiser les zones soumises à une forte pression humaine ; – Cartographier les principaux évènements de type feux de brousses, attaques des félins, braconnages, inondations, pluies torrentielles, etc.) présents dans le complexe ;
  3. Etude du milieu socio-économique

Décrire et analyser :

  • La composition des 19 communes : situation générale des villages sur le plan démographique, activités, taux de pauvreté, taux de chômage etc…. ;
  • La population/groupes vulnérables : femmes, vieux, jeunes, enfants, personnes à mobilité réduite ;
  • Identifier et analyser les pratiques de gestion des ressources naturelles (régénération Naturelle assistée, exploitation des produits forestiers non ligneux, mise en défens, demi-lunes etc.…) ;
  • Identifier et analyser les ONGs/Associations présents dans la zone, les acteurs potentiels pouvant intervenir dans la micro finance/microcrédit ;
  • Analyser la situation foncière dans la région : (propriété, accès et contrôle, la propriété de la terre, processus de gestion des conflits fonciers) ;
  • Etudier les activités économiques de la zone.

Le bureau d’études ou le groupe de consultants.es devra à cet effet :

  • Décrire et analyser la situation de l’élevage et des éleveurs ;
  • Identifier et analyser ;
  • Les groupements agriculteurs ;
  • Les groupements pêcheurs ;
  • Les groupements des femmes ;
  • Les pépiniéristes et les principales essences produites ;
  • Les groupes de transformation des produits halieutiques ;
  • Les activités touristiques dans la zone du projet.

Identification des infrastructures du complexe :

  • Identifier et analyser les voies d’accès actuelles sur les différents sites ;
  • Décrire et analyser la disponibilité ou l’accès à l’électricité des différentes zones du projet ; – Vérifier et analyser la pertinence des corridors de transhumance actuels ;
  • Identifier et analyser les différentes pistes du parc ;
  • Identifier et analyser les points d’eau existants ;
  • Vérifier et analyser l’état des équipements et bâtiments pour la gestion et le suivi du parc ;
  • Diagnostiquer et analyser les pratiques et système d’alerte de catastrophe si existant ;
  • Recenser et diagnostiquer les débarcadères disponibles dans la zone du projet.

En fonction des données recueillies, le bureau d’études devra vérifier et proposer de rectifier s’il y a lieu les quantités des activités programmées dans le document du projet (longueur des pistes, les catégories des AGRS, le nombre de point d’eau etc.)

Date limite de réception des candidatures : 22 décembre 2019 à 23h 59 heure de Tunis.

Les procédures et les modalités de soumission sont détaillées dans les termes de référence téléchargeables ci-dessous :

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