African Parks Network (APN) recrute un Expert en pastoralisme et conservation, Réserve Naturelle et Culturelle de l’Ennedi (RNCE), Tchad
vacance de poste
| Position | Expert en pastoralisme et conservation |
| Type de contrat | Consultance |
| Lieu | Réserve Naturelle et Culturelle de l’Ennedi (RNCE), Tchad ; et à distance |
| Rend compte à | Chef du Département Communautaire |
| Durée | 76 hommes-jours |
| Période | Mai 2023 – novembre 2023 (7 mois) |
Nous, African Parks Network (APN), www.africanparks.org, sommes une organisation à but non lucratif qui assume l’entière responsabilité de la gestion directe d’aires protégées dans le cadre de partenariats à long terme avec les gouvernements et les communautés locales. Nous appliquons des principes de gestion d’entreprise et combinons les revenus issus de la valorisation de ces aires protégées avec ceux de bailleurs de fonds et donateurs privés. Notre objectif est de parvenir, à long terme, à une durabilité à la fois écologique, financière, et sociale de chaque aire protégée afin de contribuer au développement économique et à la réduction de la pauvreté des régions concernées. Actuellement, nous gérons 22 aires protégées dans 12 pays – Angola, Benin, Congo-Brazzaville, Malawi, Mozambique, République Centrafricaine, République Démocratique du Congo, Rwanda, Sud-Soudan, Tchad, Zambie et Zimbabwe – totalisant une superficie de plus de 20 millions d’hectares.
En 2017, le Ministère en charge de l’Environnement du Tchad et APN ont signé un Protocole d’Accord, pour une durée de 15 ans, ayant pour objet de déléguer à APN l’appui à la création puis la gestion et le financement de la Réserve Naturelle et Culturelle de l’Ennedi (RNCE), située au Nord-Est du Tchad.
Contexte :
Située à cheval sur les Provinces de l’Ennedi Est et Ennedi Ouest, la Réserve Naturelle et Culturelle de l’Ennedi englobe un des six grands massifs montagneux du Sahara. Ce véritable chef d’œuvre de grès, sculpté au fil des millénaires par l’eau et le vent, s’élève à plus de 1 400 mètres d’altitude et couvre 50 000 km² de plateaux rocheux, steppes herbacées, savanes, rivières fossiles et dunes de sable. Gorgé d’eau, le Massif de l’Ennedi est bien connu comme l’Eden du Sahara. La faune et la flore foisonnent dans ce musée à ciel ouvert où des milliers de peintures et gravures ornent le paysage minéral. L’homme arpente ce milieu depuis le Néolithique, il y a 10 000 ans.
Aujourd’hui, l’Ennedi demeure une ressource cruciale pour les groupes semi nomades en quête d’eau et de pâturages. Trouver l’équilibre adéquat entre la conservation de la biodiversité et les moyens d’existence des communautés est un défi majeur pour la gestion durable des aires protégées (AP). La Réserve Naturelle et Culturelle de l’Ennedi, avec plus de 30 000 personnes qui dépendent de ses ressources naturelles, est un exemple typique de systèmes socio-écologiques. L’élevage de camelins et de petit ruminants (et d’une moindre importance des bovins) qui se pratique dans et autour le Massif de l’Ennedi par les communautés Goranes et Zaghawa est l’aspect intégral de ce système socio-écologique. Il constitue aussi la base pour les modes de vie d’une grande majorité de la population et représente l’activité principale en lien avec l’exploitation des ressources naturelles dans la réserve.
Selon l’Accord de Partenariat signé entre le Gouvernement de la République du Tchad et APN pour la gestion de la RNCE, un schéma directeur sera élaboré pour la réserve sous la forme d’un Plan d’Aménagement et de Gestion (PAG). Cet outil de gestion et de planification à moyen et long terme (20 ans) doit comprendre à minima :
- La vision de la conservation des patrimoines naturels et culturels du massif de l’Ennedi à une échelle spatio-temporelle pertinente ;
- La définition de grandes zones et secteurs d’intervention opérationnels pour le suivi et la réhabilitation de la faune ;
- L’identification des sites patrimoniaux et touristiques, cibles des interventions prioritaires en matière de protection et de réhabilitation ;
- Les zones d’enjeux majeurs comme l’accès partagé aux points d’eau et aux ressources pastorales (régulation de la pression pastorale) ;
- Les orientations en matière de développement touristique adapté au contexte de l’Ennedi.
Pour contribuer à l’élaboration de ce PAG, une compréhension profonde des systèmes exploitation des ressources naturelles et des modes de vie des habitants de la réserve est indispensable. Le présent projet créera la base de cette compréhension en se focalisant sur les populations éleveurs et les différents systèmes d’élevage en place. Par rapport aux points énumérés ci-dessus, ce projet répondra aux questions posées dans les points 2 et 4 (définition des grandes zones d’intervention pour la réhabilitation de la faune, et surtout régulation de la pression pastorale).
Objectifs du projet :
Globalement, l’objectif du projet est d’établir une connaissance profonde sur le fonctionnement des systèmes d’élevage dans l’Ennedi et donc les modes d’utilisation des ressources naturelles y associés.
Plus spécifiquement, le projet vise à :
- Comprendre les systèmes d’élevage, c’est-à-dire les mouvements de bétail et hommes, les points d’intérêt, les zones de pâturage et leur fréquentation saisonnière, les points d’eau et leur utilisation, les service vétérinaires en place, les défis liés à la santé vétérinaire (maladies fréquents, taux de mortalité, etc.), les quantités de bétail estimées par zone, les systèmes de propriété de bétail, le phénomène « nouveau » de bergers payés, les migrations à long terme des ménages pastoraux, les points de vente de bétail, la compétition entre faune sauvage et faune domestique pour les pâturages, menaces posées par les prédateurs, les citernes d’eau dans les pâturages et leurs impacts, etc.
- Comprendre la prise de décision des éleveurs : choix de zone de pâturage, choix de point d’eau, choix de migration (court terme pour recherche de pâturages et long terme pour des raisons à identifier), raisons pour vente/acquisition de bétail, « gestion » des animaux prédateurs, choix du type de point d’eau, raisons pour faire recours aux citernes d’eau, stratégies de mitigation des maladies animaux, etc.
- Élaborer des orientations concrètes sur comment rendre plus durable l’élevage de l’Ennedi dans l’objectif de garantir des conditions favorables à la conservation du patrimoine naturel et culturel. Ces orientations doivent aussi prendre en considération des trends qui sont identifiés dans l’élevage de l’Ennedi (changements des routes et mouvements, augmentation des points d’eau, augmentation de bétail, contexte politique et socio-culturel etc.). L’identification de quelques indicateurs qualitatifs et/ou quantitatifs pour le suivi de ces trends pourrait accompagner ce travail.
Zones d’intervention :
La zone d’intervention est l’ensemble de la RNCE et ces zones périphériques. Pour le travail de collecte de données dans le cadre de ce projet, cinq zones distinctes peuvent être provisoirement identifiées dans la RNCE (voir carte). Il fait partie des objectifs de cette étude de vérifier si les systèmes d’élevage en place sont en concordance avec cette structuration proposée ou pas. En attendant, le zonage mentionné ci-dessous sera utile pour l’organisation des missions de terrain.
- Zone Nord : Partie au nord du massif, entre Eliché, Tebi et Mourdidjona ;
- Zone Sud-Ouest : Plaines de Mourtcha entre Fada, Ouadi Inou, Wei, Sahala, Wargalla, Kondor ;
- Zone Archei : Ouadi Archei et ses environs vers le sud (Kéchébi, Taima, Diré, Tokou, Terkey, etc.) ;
- Plaines d’Aloba : Plaines herbacées entre Aloba, Chibi, Bachikélé, Monou et Diré, et plus au sud (éventuellement jusqu’à Nohi au nord-ouest) ;
- Zone Est: Partie est et sud-est de la RNCE en proximité de la frontière avec le Soudan entre Itou, Baobilia et Bao Katchoudé.
Cependant, la zone d’Archei avec ses alentours a déjà fait l’objet d’une recherche similaire par la RNCE dans les années précédentes (étude d’anthropologie environnementale). Elle sera donc évitée lors de ce projet parce que des données suffisantes sont déjà disponible et peuvent contribuer au présent projet. Les résultats de l’étude dans la zone d’Archei devraient être prises en considération lors de ce projet.
Méthodologie et feuille de route proposée :
Pour comprendre les systèmes d’élevages caractérisés comme « semi-nomadiques », il est primordial d’étaler la collecte de données sur plusieurs saisons en fonction des déplacements présumés des éleveurs. Deux missions de terrain sont donc envisagées lors de ce projet : une première à la fin de la saison sèche, chaude au moment où les troupeaux dépendent le plus de certains points d’eau signifiants (mai-juin), et un deuxième pendant ou vers la fin de la saison pluvieuse, quand l’eau de surface se trouve facilement dans pratiquement toutes les zones de pâturage (septembre). Des méthodologies différentes seront entamées pour collecter le maximum de données possible (voir ci-dessous). Pour la suite du projet, une troisième mission de terrain serait éventuellement considérée pour la saison sèche, froide entre décembre et février, si les résultats de cette étude montrent que les mouvements des éleveurs diffèrent beaucoup dans cette saison par rapport aux deux autres. Cette troisième mission de terrain pourrait aussi compléter les données si dans les contraintes temporels et logistiques certaines zones ne peuvent pas être atteint.
- Analyse des données existants, recherche bibliographique et préparation des missions de terrain (6 jours, à distance)
Après le recrutement, la RNCE mettra à disposition du consultant le matériel et les informations existants sur le pastoralisme dans la réserve et dans la sous-région, ainsi que tout autre matériel qui pourra aider le consultant à cerner le contexte socio-culturel et écologique. Le consultant effectuera lui-même une brève recherche bibliographique sur les sujets en question qui complétera le savoir contextuel, tout en tenant compte du fait que la littérature sur l’élevage dans l’Ennedi reste très limitée. Ensuite, en étroite collaboration avec l’équipe du Département Communautaire de la RNCE, le consultant préparera les missions de terrain, c’est-à-dire l’itinéraire, les méthodes de collecte de données, les groupes cibles, les guides pour les entretiens, etc.
- Première mission de terrain (27 jours, dans la RNCE)
La partie centrale de l’étude sur le pastoralisme sont les deux missions de terrain dans et autour de la RNCE. Selon l’itinéraire et la méthodologie élaborés en amont avec l’équipe du Département Communautaire, le consultant exécutera une collecte de données quantitatives et qualitatives profonde dans les zones d’intervention, mais aussi avec des partenaires, des personnes ressources, etc. Le focus pendant la première mission de terrain doit être sur des observations et entretiens autour de quelques points d’eau stratégiques qui seront définis ensemble avec l’équipe de la RNCE. Des entretiens seront menés principalement avec les éleveurs (mais aussi d’autres personnes ressources à définir) sur les aspects définis dans les objectifs de ces TDR. Une communication étroite avec l’équipe du Département Communautaire est importante pendant cette étape.
- Analyse intermédiaire et préparation de la deuxième mission de terrain (6 jours, à distance)
Après la fin de la première mission de terrain, il est souhaité que le consultant procède à une analyse intermédiaire des données collectées. Cette analyse servira en même temps à optimiser la méthodologie pour la deuxième mission de terrain, et à donner au Département Communautaire quelques orientations sur le travail avec les éleveurs pour la mise à jour de son Business Plan pour l’année 2024. Elle sera aussi l’occasion d’identifier quelques indicateurs qui permettront à l’équipe de la RNCE de suivre les développements de l’élevage dans l’Ennedi et qui pourront être quantifiés pendant la deuxième mission de terrain. Une note intermédiaire est attendue du consultant.
- Deuxième mission de terrain (27 jours, dans la RNCE)
Au mois de septembre, une deuxième mission de terrain sera réalisée par le consultant avec l’appui de la RNCE. Cette mission aura pour objectif de trouver les éleveurs avec leurs troupeaux dans les zones de pâturage, où ils restent pour la plupart de cette saison après les pluies en fonction de la disponibilité de l’eau de surface. Les données récoltées pendant la première mission de terrain doivent alors permettre d’identifier déjà en amont ces zones de pâturage pour faciliter la collecte de données au mois de septembre. Les entretiens menés seront similaires à ceux de la première mission, mais seront optimisés sur la base des recommandations faites dans la note intermédiaire.
- Analyse de données, élaboration des propositions pour la gestion durable de l’élevage par la RNCE, et rapportage (10 jours, à distance)
Pour finaliser la consultation, le consultant procédera à une analyse finale, complète de l’ensemble des données. Sur la base de cette analyse, il est attendu du consultant d’élaborer des orientations pour la gestion durable de l’élevage par la RNCE dans l’objectif final de la conservation des écosystèmes et du patrimoine culturel de l’Ennedi. Pour ce faire, le consultant assurera un échange direct avec l’équipe du Département Communautaire. C’est avec cette équipe que la forme des orientations à donner sera définie au cours de la consultation (p.ex. grandes lignes, proposition de projets, etc.). Le consultant s’appuiera sur des expériences similaires faites sur les questions de l’élevage dans et autour d’autres aires protégées de caractère similaire. L’ensemble des résultats et recommandations (ensemble avec une description de la méthodologie, du contexte de l’étude, etc.) doit être résumé dans un rapport final dans la perspective d’une contribution à l’élaboration du PAG de la RNCE.
Livrables :
- Note méthodologique pour préparer collecte de données (p.ex. guide des entretiens) ;
- Note intermédiaire résumant les observations principales de la première mission ;
- Rapport final répondant aux trois objectifs de l’étude.
Les livrables peuvent être soumises en langue française ou anglaise.
Résultats attendus :
- Un aperçu qualitatif, descriptif et analytique des différents systèmes d’élevage qui existent dans et autour de la RNCE, prenant en compte des facteurs clés comme les mouvements principaux, la quantité et les types de bétail, les points d’eau importants, les zones de pâturages, le contexte de santé vétérinaire, etc (voir objectif spécifique 1). ;
- Des données spécifiques et désagrégés sur les quantités et distributions de bétail ;
- La visualisation graphique opportune des données mentionnées ci-dessus, p.ex. sur des cartes thématiques ;
- Une analyse brève sur les trends identifiés dans l’élevage dans l’Ennedi et ses conséquences pour l’écosystème, avec une proposition de quelques indicateurs pour le suivi des trends ;
- Une orientation concrète pour la RNCE sur comment promouvoir des systèmes d’élevage durables en concordance avec ses objectifs de conservation de la biodiversité et du patrimoine culturel et dans le cadre de l’élaboration prévue du PAG pour la réserve.
Profil recherché :
Compétences
- Excellente capacité de communication et de collecte d’informations avec des communautés pastorales ;
- Très bonnes capacités d’expression, de relations humaines ;
- Capacité de comprendre rapidement des systèmes d’exploitation des ressources naturelles, surtout dans un contexte pastoral et prenant en compte les aspects de la conservation ;
- Esprit d’initiative et la capacité de réaliser des missions de terrain dans un contexte rural sahélien/saharien
- Sensibilité et capacité d’adaptation au contexte culturel local ;
- Très bonne capacité d’analyse, synthèse et rédaction en français ou anglais ;
- Maîtrise des concepts et enjeux de la conservation, plus particulièrement en Afrique Centrale ou en zone sahélienne/saharienne ;
- Maîtrise des outils informatiques pertinents (MS Office, outils SIG etc.).
Qualifications et expériences requises
Formation :
- Être titulaire d’un diplôme universitaire de minimum niveau MASTER (Bac + 5) en Sciences sociales, Développement rural, Géographie, Environnement, Planification de développement, Agriculture, ou dans une autre discipline pertinente liée à la gestion des ressources naturelles, la conservation ou le pastoralisme.
Expérience :
- Justifier d’une expérience pratique et confirmée d’au moins 05 ans dans le domaine du pastoralisme et/ou de la conservation ;
- Une expérience avérée avec des études et recherches sur le terrain dans le domaine du pastoralisme, de la conservation ou de la gestion des ressources naturelles ;
- Une expérience avérée de travail de consultant indépendant, de préférence sur des études ou projets de recherche ;
- Plusieurs expériences avec des agences, organisations internationales ou ONG dans un domaine similaire ;
- Une expérience antérieure au Tchad (ou dans un autre pays similaire de la zone sahélienne/saharienne ou de la sous-région).
Langue :
- Maîtrise indispensable de la langue française (oral et écrit);
- La connaissance de l’anglais et/ou de l’arabe tchadien est un avantage.
Relations clés :
- Gestionnaire département Développement Communautaire ;
- Directeur de la RNCE ;
- Gestionnaire département Biodiversité ;
- Gestionnaire des Opérations ;
- Personnel de la RNCE ;
- Les autorités concernées ;
- Les communautés locales ;
- Partenaires, acteurs locaux, bailleurs, etc.
Procédure de soumission d’une candidature
Envoyer,
- Un CV à jour ;
- Une lettre de motivation adressée à la Direction de la RNCE ;
- La/les copie(s)certifiée des diplômes / grades obtenus ;
- Les noms et coordonnées de trois personnes de références ;
par email à l’adresse suivante: rh.tchad@africanparks.org,/ en copie/ juliank@africanparks.org. ou déposer à:
African Parks Tchad ou RNCE – African Parks Tchad
Quarter Klemat – 2eme Arrondissement Bureau African Parks a Fada au Quartier EDJI
Rue 3258 – Porte 63, N’Djamena, Tchad
La clôture de dépôt des candidatures est fixée au 20 Avril 2023. Les candidatures reçues après ce délai ne seront pas prises en considération. Seuls les candidats sélectionnés seront avertis par email ou par téléphone.

















