AVIS A MANIFESTATION D’INTERETS

BANQUE AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT

Bureau Régional de Développement et de Prestation de Services pour l’Afrique de l’Est (RDGE)

Khushee Towers Longonot Road Plot 11, Upper Hill

B.P  4861-00200 Nairobi, Kenya

Email : s.andriambelosoa@afdb.org

  1. La Banque Africaine de Développement invite par la présente les Consultants Individuels Internationaux à indiquer leur intérêt pour la mission suivante : Evaluation de l’impact du COVID-19 sur les secteurs productifs et Stratégies de relance en Union des Comores :
  • Les Comores, officiellement l’Union des Comores (UdC), est un archipel composé de trois îles majeures situées dans l’océan Indien, à l’extrémité nord du canal du Mozambique, au large de la côte est de l’Afrique et au nord-ouest de Madagascar. Les trois îles principales sont la Grande Comore (où se trouve la capitale et la plus grande ville, Moroni), Mohéli et Anjouan. L’UdC continue de revendiquer la quatrième grande île appelée Mayotte qui est administrée par la France (actuellement en tant que département d’outre-mer). L’UdC est confrontée à plusieurs défis de développement. Il s’agit notamment d’une diversification économique insuffisante fondée uniquement sur l’agriculture, d’un petit marché d’environ 900 000 personnes, de l’éloignement géographique et de la vulnérabilité aux chocs économiques et climatiques externes. La crise de COVID-19 ne fait qu’empirer la situation socio-économique déjà fragile. Néanmoins, le pays est doté d’une beauté naturelle et de grandes ressources océaniques  ;
  • L’OMS a déclaré la pandémie du COVID-19 le 11 mars 2020, après l’avoir précédemment qualifié comme crise sanitaire publique fin janvier 2020. La pandémie est une crise sans précédent avec implications sur la santé physique et psychologique humaine et l’économie mondiale. L’UdC n’échappe pas à ce contexte et subit aussi les effets de cette pandémie. En effet, le Gouvernement Comorien a annoncé le 30 Avril 2020 le premier cas du COVID-19 dans le pays. En date du 26 août 2020, quatre cent dix-sept (417) cas de contamination ont été officiellement recensés, dont onze (11) cas actifs, trois cent quatre-vingt-dix-neuf (399) totalement guéris et sept (7) décès . Même si l’UdC semble être éloignée en termes de nouveaux cas recensés, les estimations de la Banque Africaine de Développement sur l’impact de COVID-19 dans l’UdC restent préoccupantes avec un taux de croissance de -1,2% dans le scénario de référence, et une récession plus prononcée dans le scénario pessimiste avec un taux de -1,8%. Les deux scénarii prévoient, néanmoins, une reprise économique d’environ de 3% en 2021 ;
  • Bien que le gouvernement ait pris des mesures d’ordre sanitaire, social, fiscal et monétaire pour atténuer l’impact de cette crise, le COVID-19 alourdit la situation du pays qui figure déjà parmi les pays les plus pauvres du monde. En effet, l’UdC fait partie du groupe des pays les moins avancés, avec un taux de pauvreté qui s’élève à 42,4% et un taux d’extrême pauvreté de 23,5%. En 2018, le pays est classé 123ème/157 pays sur l’Indice de Capital Humain et 156ème/189 pays sur l’Indice de Développement Humain. Le taux de chômage est évalué à 22,5% et le secteur informel représente 82,4% du total des emplois. Ces statistiques sont plus alarmantes pour les femmes et les jeunes, avec des proportions encore plus importantes dans les zones rurales où les populations sont fortement vulnérables aux catastrophes naturelles. La crise occasionne des perturbations au sein des marchés, qui contribuent à réduire l’accès à une nourriture diversifiée et nutritive. La restriction des connections aériennes et maritimes a ralenti les activités dans le secteur des transports et a influencé le fonctionnement d’autres secteurs qui en dépendent, notamment le tourisme qui représente 6,4% du PIB . Par ailleurs, les impacts négatifs de la crise se feront également ressentir dans les secteurs clés de l’économie, notamment l’agriculture, forêt et pêche, principaux secteurs du PIB avec une contribution de 42,7%, suivi du secteur des services aux entreprises (finance, immobilier, etc.) à 20,5%, et du secteur manufacturier à 9,6%. Les entreprises qui opèrent dans le commerce des cultures de rente (girofle, vanille et Ylang-Ylang) représentant à elles seules 70% du volume des exportations, ainsi que celles qui exercent dans l’agriculture, les industries et le secteur tertiaire (55% du PIB) rencontreront des difficultés accrues, notamment en ce qui concerne l’accès au crédit et le paiement de crédits antérieurs. De tout ce qui précède, l’UdC se trouve dans une situation préoccupante car tous les secteurs porteurs ainsi que la majorité des emplois, pour les hommes et les femmes, sont affectés par la crise ;
  • Afin d’approfondir la situation, la Banque Africaine de Développement (BAD), en collaboration avec le Ministère des Finances, du budget et du secteur bancaire, recrute un consultant international pour mener une étude approfondie en faisant l’état des lieux et l’évaluation des effets de la pandémie COVID-19 sur les secteurs productifs dans le pays notamment : i) l’agriculture (avec un accent particulier sur la sécurité alimentaire, transformation agricole y compris les chaînes de valeur agricoles, et les cultures de rente destinées vers l’exportation), ii) le Tourisme, iii) le Numérique, et iv) le Secteur Privé et les emplois perdus ou menacés. L’étude permettra également d’élaborer un plan d’actions d’urgence pour mitiger les effets négatifs enregistrés et éventuellement relancer les secteurs porteurs de l’économie qui resteront la source de la croissance inclusive pour le pays. L’analyse devrait exposer les défis présentés par la pandémie et proposer des mesures pour éclairer le relèvement et le renforcement de la résilience. Pour réaliser cette étude, l’équipe comprendra un consultant international en tant que chef de mission et un consultant national. Les présents termes de référence concernent uniquement le recrutement du consultant international.
  1. Les services à fournir dans le cadre de la mission comprennent : sous la supervision directe du Lead Economist, le consultant international s’acquittera des tâches suivantes : 
  • Examiner de manière exhaustive les effets économiques et sociaux de la pandémie du COVID-19 sur quatre secteurs d’activités économiques (agriculture, tourisme, numérique et secteur privé) ainsi qu’aux perturbations engendrées dans le commerce mondial et les chaînes d’approvisionnement affectant le pays afin de proposer les options politiques et opérationnelles réalistes pour la relance rapide de ces secteurs ;
  • Identifier l’ampleur et les dimensions de l’épidémie, grâce à une approche multisectorielle ;
  • Évaluer les problèmes économiques, de genre et sociaux de l’épidémie mettant en évidence les vulnérabilités et les faiblesses les systèmes de santé ; la structure et la capacité de gouvernance, ainsi que d’autres politiques et les facteurs institutionnels qui affectent les réponses et les mécanismes d’adaptation ;
  • Entreprendre une analyse d’impact succincte des mesures fiscales et autres programmes mise en œuvre dans le cadre du plan de réponse existant du gouvernement. L’impact évaluation sera en outre menée dans une optique sensible au genre ;
  • Évaluer les effets immédiats et à moyen terme sur la croissance économique et sur les secteurs tels que l’agro-alimentaire, le tourisme, la pêche, et le numérique ;
  • Examiner l’impact socio-économique de l’épidémie de COVID-19, y compris la perte de productivité et emplois, ou perturbations des moyens de subsistance, et dimensions liées aux genres dans les quatre secteurs ;
  • Faire des simulations des options de politique et les analyses d’impacts potentiels desdites politiques pour guider le dialogue politique dans les secteurs concernés ;
  • Sur base des résultats de l’analyse et de l’analyse d’impact, fournir un soutien consultatif et des recommandations pour guider l’élaboration de politiques appropriées en vue de la relance ;
  • Elaborer un plan d’actions socio-économiques d’urgence dans les quatre secteurs permettant de faciliter la prise de décision sur les actions post-crise, en rapport avec les orientations inclues dans la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable » (SCA2D) de l’Union des Comores.
  1. Qualifications et Expérience : 
  • Avoir un Doctorat en Sciences Economiques ou dans un domaine similaire ;
  • 18 années d’expérience professionnelle dans le cadre de la réalisation d’étude socioéconomique avec un accent particulier sur l’emploi, l’agriculture et la pêche ainsi que le tourisme ;
  • Au moins 10 ans d’expérience pertinente en évaluation économique, évaluation ou/et recherche économique et analyse rigoureuse ;
  • Plus de 10 ans d’expérience dans la réalisation des tâches similaires au niveau international ;
  • Expérience démontrable dans la modélisation et/ou l’analyse quantitative ; une expérience dans l’utilisation du modèle d’équilibre général calculable serait un avantage ;
  • Excellente maîtrise du français écrit et oral. La connaissance de l’anglais serait un avantage ;
  • Maîtrise complète des technologies de l’information, y compris l’utilisation de la téléconférence ;
  • Excellente qualité de collecte, de traitement, d’analyse de données et de rédaction de rapport, et de communication ; il doit y avoir des preuves de travaux similaires effectués dans le passé sur les questions de pauvreté et de relance économique ;
  • Expérience pertinente en matière d’agro-alimentaire, pêche et tourisme, de développement social et économique avec un accent particulier sur l’Afrique et les économies en développement ;
  • Excellentes compétences orales et écrites avec une solide expérience académique et politique ;
  • Capacité d’interagir avec les hauts fonctionnaires du gouvernement, les partenaires donateurs, et autres parties prenantes ;
  • Forte capacité à prendre des initiatives pour faire avancer des processus complexes pour atteindre résultats articulés, travail à différents niveaux et sur différentes initiatives simultanément (organisation personnelle et capacité à effectuer plusieurs tâches) ;
  • Le consultant doit également posséder capacité à travailler sous pression et à s’adapter au changement ;
  • Avoir des compétences interpersonnelles et forte capacité à promouvoir le travail en équipe ;
  • Une connaissance de l’intégration du genre dans les interventions de développement serait un avantage ;
  • Par ailleurs, une connaissance du contexte et de la problématique de développement du secteur privé en Comores, aux plans institutionnel, législatif et règlementaire, serait un atout.
  1. Livrables et durée de la mission : 
  • Les critères d’éligibilité, l’établissement d’une liste restreinte et la procédure de sélection doivent être conformes aux règles et procédures de la Banque pour l’utilisation de consultants en entreprise. Veuillez noter que l’intérêt exprimé par un consultant n’implique aucune obligation de la part de la Banque de l’inclure dans la liste restreinte ;
  • L’affectation, dans le cadre de ce mandat, impliquera des services de consultants à plein temps pendant une période de quatre (4) mois. La rémunération sera conforme aux taux bancaires et à la qualification et à l’expérience du consultant. Le consultant retenu devra commencer le travail dès que le processus de sélection sera terminé et le contrat signé ;
  • Dans le cadre de sa mission, le consultant devrait fournir les livrables suivants : i) Rapport de démarrage présentant le cadre conceptuel, méthodologie détaillée, et la répartition des tâches du consultant international et consultant national ; ii) Projet de rapport complet accepté par la Banque et le Ministère ; iii) Options proposées pour le cadre et la politique de rétablissement ; et iv) Un rapport final de l’étude intégrant les commentaires reçus et approuvé par la Banque (max. 45 pages) ;
  • Les consultants individuels intéressés peuvent obtenir de plus amples informations à l’adresse ci-dessous pendant les heures de travail de la Banque: 8h00 à 17h00.
  1. Les manifestations d’intérêt accompagnées d’un Curriculum vitae (CV) mis à jour doivent être reçues uniquement par courrier électronique : andriambelosoa@afdb.org au plus tard le 19 octobre 2020 à 17h00 et mentionnant spécifiquement : Consultant International sur L’Evaluation de l’Impact du COVID-19 sur les secteurs productifs et Stratégies de relance en Union des Comores.

A l’attention de : Mr. Marcellin NDONG NTAH Banque Africaine de Développement

Bureau Régional de Développement et de Prestation de Services pour l’Afrique de l’est (RDGE)

Khushee Towers Longonot Road Plot 11, Upper Hill B.P 4861-00200 Nairobi, Kenya

Email : s.andriambelosoa@afdb.org 

  1. Établissement de la liste restreinte : Une liste restreinte de trois à six consultants individuels sera établie une fois que les manifestations d’intérêt et le CV mis à jour auront été reçus. Les consultants figurant sur la liste restreinte seront jugés sur les critères suivants sur la base de leur CV mis à jour. Les candidats présélectionnés seront invités à envoyer des propositions et des commentaires sur la mission. 
Level of education in general30
(Avoir un Doctorat en Sciences Economiques ou dans des domaines similaires)
Expérience pertinente en rapport avec la mission60
(18 années d’expérience professionnelle dans le cadre de la réalisation d’étude socioéconomique,
10 ans d’expérience pertinente en évaluation économique, ou recherche économique et analyse rigoureuse,
expérience dans l’utilisation du modèle d’équilibre général calculable, une connaissance du contexte et de la
problématique de développement du secteur privé en Comores, aux plans institutionnel, législatif et règlementaire)
Maîtrise de la langue10

 

(Excellente maîtrise du français écrit et oral, la connaissance de l’anglais serait un avantage).

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