Contexte du projet :

Depuis plusieurs années, la RCA traverse une crise politique majeure. Ses conséquences se traduisent par des déplacements répétés et des violences, avec un accès humanitaire restreint en raison de l’insécurité. Cela a entraîné la perte de milliers de vies humaines, d’équipements et de moyens de subsistance, provoquée par la pression croissante exercée sur les ressources naturelles et la nourriture dans les quartiers hôtes et sur les sites des personnes déplacées, ainsi que sur les installations d’approvisionnement en eau et d’assainissement. Les infrastructures existantes souffrent, d’une part, de la détérioration due à l’abandon et, d’autre part, de la destruction totale due à la violence.

La situation problématique des 3 zones ciblées est la suivante :

PAOUA : Depuis le 27 décembre, des conflits armés se déroulent sur les axes nord et sud. Cette situation a entraîné un déplacement massif de population vers la ville de Paoua (plus de 78 000 personnes). La population de Paoua est passée de 48 000 à près de 118 000 en 3 semaines. Les populations touchées vivent dans des conditions d’extrême vulnérabilité et nécessitent une assistance d’urgence immédiate. Avant cette crise, la ville de Paoua affichait un taux de couverture en eau potable de 38%. Après la crise, le taux de couverture est tombé à 13%. Avec les nouveaux efforts de la communauté humanitaire, ce taux est passé à 27%. Après les événements du 27 décembre, les gens ont fui avec peu de nourriture et peu d’ustensiles; les stocks sont épuisés à 70% le jour de l’enquête. Les ménages de personnes déplacées ont de plus en plus recours à des stratégies d’adaptation inhabituelles, notamment l’utilisation d’aliments moins préférés, la réduction du nombre de repas, la vente d’actifs nationaux, les emprunts, la réduction des dépenses en articles non essentiels et les activités illégales.

BATANGAFO : comme à Paoua, les affrontements répétés entre les groupes armés préexistants et ceux qui sont venus faire un don aux deux belligérants soumettent la communauté à un mouvement incessant de va-et-vient, avec à chaque fois des départs massifs dans la brousse et à zones de concentration. Ces spirales de déplacements massifs ont créé une situation humanitaire sans précédent caractérisée par un énorme problème d’accès aux infrastructures de base WASH. Un retour progressif dans certains quartiers de la ville crée un besoin énorme d’installations WASH et surtout d’une relance de l’agriculture.

BRIA : les crises récurrentes à Haute Kotto en mars, avril, mai et juin 2017 ont considérablement affaibli la capacité des ménages à résister à ces chocs et à s’en remettre, les exposant ainsi à des vulnérabilités croissantes. Cependant, depuis la signature des accords entre groupes armés le 21 septembre 2017, le calme règne dans la ville de Bria, ce qui a permis de signaler le début d’un retour dans certains quartiers. Cependant, selon les résultats de l’enquête menée par le HCR en avril 2018, il y a toujours une présence significative de personnes déplacées sur le site de PK3 avec de nombreux besoins non satisfaits.

Oxfam en République Centrafricaine :

Depuis 2014, Oxfam intervient en République Centrafricaine dans les secteurs de la WASH, la Sécurité Alimentaire et Moyens d’Existence et la Protection. Oxfam dispose de quatre bases opérationnelles pour la mise en œuvre de ses programmes à Bangui, Bria, Paoua et Batangafo.

Oxfam dispose d’une équipe de coordination, active et fonctionnelle, basée à Bangui, composée des responsables du programme humanitaire, des secteurs WASH, EFSL, Protection, Plaidoyer/Media/Communication, MEAL, Funding, Logistique, Finances ainsi que de l’administration et des Ressources Humaines.

Brève description du projet :

Après la stabilisation de la sécurité sur les zones d’intervention, l’action vise d’une part à renforcer les capacités d’absorption des chocs des communautés et, d’autre part, à renforcer leurs capacités d’adaptation. Cela se fera par la diversification de leurs sources de revenus et de leurs moyens d’existence, afin d’apporter les changements appropriés et de mieux gérer les incertitudes liées à une crise récurrente et à une situation sécuritaire très volatile. Les publics cibles de l’action sont les victimes des dernières crises à Batangafo, Bria et Paoua.

Dans le cadre de la relance agricole et économique, sur la base de besoins pré-identifiés, de facteurs agro-économiques et de pratiques agricoles locales, la composante agricole inclura la promotion d’activités agricoles à haute valeur nutritionnelle. En outre, une dynamique locale de production / stock de semences sera établie et des mécanismes de gestion intégrée des ravageurs seront développés, en mettant l’accent sur la promotion de bio pesticides plus respectueux de l’environnement et proches des pratiques locales.

L’intervention combinera :

En ce qui concerne le secteur Sécurité Alimentaire et Moyens d’Existence :

  • Appui au développement d’activités génératrices de revenus (AGR) ;
  • Renforcement des capacités des communautés dans la diversification des systèmes de production agricole ;
  • Activités de travail contre rémunération qui permettent de générer rapidement des revenus pour les ménages ciblés et d’injecter des liquidités dans l’économie locale, tout en assurant la réhabilitation des infrastructures communautaires ayant un impact social, économique ou sur la santé .

En ce qui concerne le secteur WASH :

  • Assurer l’approvisionnement en eau potable aux bénéficiaires via un système mieux adapté au contexte des différentes zones d’intervention;
  • Réduire la pression sur les points d’eau en activité, le temps d’attente et la distance parcourue et, par conséquent, la possibilité de conflits et d’attaques contre les femmes et les filles qui vont chercher de l’eau ;
  • Soutenir les comités WASH et les relais communautaires pour assurer une bonne gestion des points d’eau ainsi que la maintenance et le nettoyage du matériel WASH, en leur fournissant le matériel et les consommables nécessaires ;
  • Soutenir la construction / réhabilitation de latrines semi-durables et de douches .

Sensibiliser sur les bonnes pratiques d’hygiène sur les sites et dans les quartiers, afin de maintenir les infrastructures de santé et le cadre de vie et de promouvoir un changement positif du comportement en matière d’hygiène.

Objectif du projet :

Contribuer à la restauration des conditions de vie des femmes, des hommes, des filles et des garçons victimes du conflit en RCA, en soutenant un accès sécurisé aux moyens de subsistance et aux services WASH des populations déplacées en RCA.

Stratégie du projet :

Ce projet fait partie d’un programme beaucoup plus vaste mis en œuvre par Oxfam dans la sous-préfecture de Batangafo, Bria et Paoua, qui vise à garantir le droit à l’assistance humanitaire des communautés touchées par la crise en RCA. Le projet a été conçu en collaboration avec d’autres parties prenantes et sur la base d’une analyse des besoins conforme aux priorités des groupes cibles.

L’action proposée à l’OFDA visera principalement les familles de personnes déplacées et de familles retournées qui ont été victimes de violences et de sévices et / ou de pertes de moyens de subsistance considérables au cours de la récente crise en RCA. A travers une approche post-urgence, le projet visera à rétablir un accès sécurisé aux services WASH, à la nourriture et aux revenus, à court et moyen terme, par le rétablissement des capacités de production et des niveaux de revenus des personnes ciblées et assistées, en tenant compte des facteurs suivants: les besoins spécifiques des femmes et des jeunes.

Pour atteindre cet objectif, nous préconisons une action intégrée incluant la mise en œuvre d’activités d’urgence (amélioration de l’accès à l’eau et à l’assainissement, du cash contre travail …) ainsi que des activités de relance (relance agricole et économique, structuration des groupes de femmes et des comités de points d’eau, etc. )

Composantes du projet :

EAU, ASSAINISSEMENT, HYGIENE
ObjectifAider à améliorer les conditions de vie de la population par une intervention d’urgence WASH pour les communautés déplacées
Montant1 255 970 $
Nombre de beneficiaires BATANGAFO: 61,207 BRIA: 39,256 PAOUA: 7,500. TOTAL: 107,963
Zones géographiques Batangafo, Bria and Paoua
AGRICULTURE ET SECURITE ALIMENTAIRE
ObjectifContribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire en soutenant la production agro-pastorale de producteurs vulnérables
Montant1 194 381 $
Nombre de beneficiaires BATANGAFO: 9,000; BRIA: 16,800 ; PAOUA: 6,600.TOTAL: 32,400
Zones géographiques Batangafo, Bria and Paoua
RELANCE ECONOMIQUE ET SYSTEME DE MARCHE 
ObjectifSoutenir la relance économique des ménages vulnérables par le travail temporaire et le développement d’activités génératrices de revenus et la mise à disposition de moyens de production.
Montant1 058 096 $
Nombre de beneficiaires BATANGAFO: 4,380; BRIA: 17,100; PAOUA: 4,380;TOTAL: 25,860
Zones géographiques Batangafo, Bria and Paoua

Objectif et portée de l’évaluation :

Cette évaluation externe est réalisée de manière à évaluer le processus et la qualité du projet à l’aide des indicateurs humanitaires de base (HIT), de la Norme humanitaire fondamentale de qualité et de redevabilité (CHS) et des standards de genre. Elle vise aussi à favoriser l’amélioration des performances d’Oxfam lors de la mise en œuvre de ses programmes.

Spécifiquement il s’agit de :

  • Evaluer la réalisation du projet d’Oxfam par rapport à ses objectifs ainsi que les résultats attendus ;
  • Analyser les processus de mise en œuvre pour identifier les forces et faiblesses de chaque étape de mise en œuvre ;
  • Analyser les données afin de déterminer l’impact réel de notre soutien, aussi bien en intrants agricoles qu’en AGR;
  • Etudier et capitaliser le volet AGR mise en œuvre au cours du projet ;
  • Proposer des recommandations visant à orienter la conception et la mise en œuvre des futures interventions d’Oxfam .

Méthodologie et questions d’évaluation :

L’évaluation sera basée en grande partie sur le cadre logique du projet au niveau des activités, des résultats et des objectifs. Deux aspects seront à considérer :

  • Evaluation du processus : il s’agira de voir si les activités planifiées dans le temps par le projet ont été effectivement réalisées au moment voulu.
  • Evaluation des résultats : celle-ci se focalisera sur les résultats de la mise en œuvre dudit projet plus spécifiquement la pertinence, la couverture, l’efficacité, l’efficience et la pérennité (durabilité ou viabilité) du projet.

Un effort particulier devrait être fait également, pour présenter les résultats désagrégés (Hommes, Femmes).

Les principales questions de cette évaluation sont ainsi déclinées :

Pertinence : la conception du programme s’adapte précisément aux capacités et aux besoins exprimés en constante évolution des personnes touchées

  • Le programme est-il basé sur des données d’évaluation comprenant le retour des personnes touchées ?
  • Quel est le degré de satisfaction des personnes touchées vis-à-vis du programme ? Estiment-elles que le programme ait répondu à leurs besoins ?
  • Le programme tient-il compte de l’évolution des besoins et du contexte ? Des ajustements ont-ils été apportés ? Existe-t-il des exemples de cette évolution ?
  • Le programme a-t-il fait appel aux compétences et à l’expérience du personnel et des membres du personnel national et de la population touchée ?

Couverture :

  • Quelle est la couverture finale de ce programme et inclut-il les groupes vulnérables ?
  • Quels ont été les résultats pour les groupes vulnérables par rapport aux autres populations ciblées ?
  • Le ciblage au sein des communautés touchées est-il satisfaisant ?

Stratégie et plan MEAL en place, accompagnés des justificatifs garantissant que les indicateurs et les processus appropriés ont été employés :

  • Quelle est la qualité des indicateurs de résultats ? Ceux-ci ont-ils été suivis au fil de l’exécution du programme ?
  • Quelle est la qualité des données de résultats collectées ?
  • Quelles ont été les adaptations et les corrections identifiées et mises en œuvre pour répondre aux mauvaises performances ?
  • Les personnes touchées sont-elles parvenues à identifier des améliorations à l’assistance au fil du temps

Résultats attendus obtenus :

  • Les résultats ont-ils été obtenus ? Quel rôle Oxfam a-t-il joué à cet égard ? (Contribution et non contribution)
  • Quels sont les facteurs de succès et les contraintes auxquels l’obtention des résultats est soumise ?
  • Les personnes touchées estiment-elles que leurs besoins de base ont été satisfaits ?
  • Les personnes touchées sont-elles satisfaites des résultats obtenus ?
  • Dans un contexte de volatilité sécuritaire (avancée/ modérée/ en amélioration) ces types d’intervention permettent-ils réellement de reconstruire les capacités économiques des ménages ? Sont-ils appropriés ? Et si oui, comment renforcer leur impact ?
  • Existe-t-il des résultats inattendus négatifs ou indirects ?

Redevabilité des personnes touchées :

  • Quelle était la qualité du mécanisme de retour d’information en place ?
  • Des changements significatifs ont-ils été obtenus suite aux retours d’information (plaintes et feedbacks) ?
  • Quel est la perception des personnes touchées vis-à-vis du programme ?
  • Comment les personnes perçoivent-elles le mécanisme de retour d’information ?
  • Existe-t-il des preuves de développement des capacités des responsables locaux (à différents niveaux)

Le programme est considéré « sûr » : des actions ont été mises en œuvre pour éviter les dommages et le programme est considéré sensible aux conflits :

  • Quel processus a été mis en place pour assurer une programmation sure ?
  • Quelle fut la qualité des résultats de ce processus ?
  • Quelle est l’opinion des personnes touchées et comment perçoivent-elles la réduction des risques et la programmation sure ?
  • Le programme a-t-il tenu compte de la sensibilité aux conflits ? Avec quels résultats ?
  • Existe-t-il une composante de protection spécifique résultant de cette composante ?

Le programme porte sur l’équité de genre ainsi que les préoccupations et besoins spécifiques des femmes, des filles, des hommes et des garçons :

  • Des risques liés au genre ont-ils été identifiés ? Quels ont été les résultats de leur identification et des actions menées ?
  • Quelle fut la qualité de l’intégration des questions de genre et de ses résultats ?
  • L’intégration des questions de genre a-t-elle amélioré la qualité de la réponse ?

Le programme est coordonné et complémentaire à la réponse des autres acteurs humanitaires :

  • Quelle est la qualité de la coordination et des résultats correspondants ?
  • Quels furent les facteurs de succès et les facteurs bloquants concernant en particulier la complémentarité et les orientations de demandes de besoins issues d’autres acteurs ?

Les ressources sont gérées et utilisées de manière responsable :

  • Les ressources ont-elles été utilisées de manière responsable et de manière à optimiser leur coût ?
  • A-t-on tenu compte de l’environnement et quelle a été l’incidence à cet égard ?

Calendrier :

La date indicative pour la réalisation de l’’évaluation est du 1er au 25 Septembre 2019. La durée totale prévue pour cette évaluation est de 30 jours maximum.

Livrables :

Les principaux livrables attendus :

  • Rapport de 30-35 pages maximum (hors annexes – incluant un chapitre sur la capitalisation des pratiques AGR (10 pages max) et un résumé des résultats (1 page max) ;
  • Débriefing avec les représentants des différents acteurs impliqués dans la mise en œuvre du projet sur les trois (3) bases d’intervention au cours desquelles les analyses, conclusions et recommandations seront présentées pour être débattues.
  • Présentation des résultats de l’évaluation au bureau de coordination d’OXFAM à Bangui.
  • En plus de la restitution des résultats, l’élaboration d’un plan de suivi des recommandations qui devrait être fait et validé par les équipes au cours de ce débriefing

Offre :

Le consultant inclura dans sa proposition financière les honoraires journaliers, per diem, frais de logement, frais de visa, billet d’avion jusqu’à Bangui, frais d’assurance, taxes auxquelles le consultant pourrait être soumis et tout autre frais qu’il jugera utile.

Le coût des billets d’avion pour se rendre sur le lieu d’évaluation et les déplacements lié à l’évaluation sur le terrain, ainsi que les frais liés à l’atelier de restitution seront à la charge d’Oxfam

Le dossier d’offre du candidat devra inclure :

  • Un CV ;
  • Les références pertinentes ;
  • Un rapport d’une évaluation réalisée précédemment ;
  • Un budget détaillé ;

Offre technique :

  • La méthodologie de travail ;
  • Un calendrier pour la préparation préalable, le travail terrain, le débriefing et la présentation du rapport

Les offres sont à envoyer par mail aux adresses mails suivantes : logpurcf@oxfam.org et mealmgrcf@oxfam.org

Profil de l’évaluateur :

L’évaluation de ce projet sera confiée à un consultant sénior (individu, groupe de personnes ou entreprise).

Dans tous les cas, le/ la consultant(e) responsable devra prouver son expérience dans la conduite des évaluations individuellement ou en équipe et doit démontrer les compétences obligatoires suivantes :

  • Bonne connaissance des techniques analytiques de données quantitatives et qualitatives notamment sur un logiciel d’analyse de données ;
  • Application de l’approche genre dans les évaluations de projets ;
  • Bonnes capacités d’écriture et de synthèse (exemple nécessaire)
  • Maîtrise du français (l’anglais serait un atout)
  • Expérience de travail dans les zones de conflit ;
  • Expérience dans l’évaluation des projets/programmes intégrés WASH-Sécurité Alimentaire et Moyens d’Existence
  • Connaissance de la région.

Expérience et formation :

  • Au moins un diplôme en statistiques ou en sciences sociales ;
  • Expérience en : EFSL, Wash et Protection ;
  • Expérience dans l’évaluation de projet ;
  • Expérience démontrée lors de programmes humanitaires
  • Expérience démontrée dans la réalisation d’évaluations, en particulier d’évaluation des résultats

Salaire / Indemnité :

Le consultant inclura dans sa proposition financière les honoraires journaliers, per diem, frais de logement, frais de visa, billet d’avion jusqu’à Bangui, frais d’assurance, taxes auxquelles le consultant pourrait être soumis et tout autre frais qu’il jugera utile.

Le coût des billets d’avion pour se rendre sur le lieu d’évaluation et les déplacements lié à l’évaluation sur le terrain, ainsi que les frais liés à l’atelier de restitution seront à la charge d’Oxfam

Comment postuler :

Les offres sont à envoyer par mail aux adresses mails suivantes : logpurcf@oxfam.org et mealmgrcf@oxfam.org

Partager